A LA UNE Ancien député MLC, Jean-Jacques Mamba rejoint l’AFC de Corneille Nangaa

Ancien député MLC, Jean-Jacques Mamba rejoint l’AFC de Corneille Nangaa

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Jean Jacques Mamba Kabamba, ancien cadre du Mouvement de libération du Congo, MLC, a rejoint l’Alliance fleuve Congo, la coalition rebelle dirigée par Corneille Nangaa et qui regroupe, notamment, le M23 soutenu par le Rwanda. «C’est vrai que l’homme est assez imprévisible, mais delà à l’imaginer franchir ce rubicon, il y a de quoi s’étonner», déclare un observateur.

C’était l’une des figures de proue du MLC de Jean Pierre Bemba de ces dernières années. Elu député national à Kinshasa II – Funa en 2018, il fait preuve d’une réelle perspicacité à l’Assemblée nationale, au point que le président du MLC le nomme porte-parole de son parti. Mais M. Mamba est insondable. A peine deux ans plus tard, , il démissionne de ses fonctions de porte-parole du MLC, mais demeure membre du parti bembiste. C’est suite à sa motion que le premier vice-président de la chambre basse, l’alors patron de l’UDPS, le parti au pouvoir, Jean Marc Kabund est éjecté du bureau en 2020.

Emmuré dans le silence, il refait parler de lui après les élections générales du 20 décembre 2023, à l’issue desquelles il est battu dans sa circonscription de l’ex-district de la Funa à Kinshasa. Le 17 janvier 2024, il quitte le MLC. Dans une lettre adressée au président du MLC et ci-devant vice-Premier ministre et ministre de la Défense, il écrit : «Je suis au regret de vous annoncer qu’à dater de ce jour, je me désengage officiellement du Mouvement de libération du Congo». Avant de renchérir : «Il m’est paru important de ce jour de m’ouvrir de nouvelles perspectives en harmonie et cohérence de mon appréhension sur la manière de faire la politique».

Elans impétueux

La page des années MLC est désormais close. De la coalition Union sacrée aussi. Désormais électron libre, il a la latitude d’ouvrir le feu sur le président de la République tout juste réélu. Qu’il pilonne à coups de canon, accusant sa gouvernance d’être basée sur le tribalisme. Dans un tweet publié le jeudi 22 février 2024, il écrit ainsi que «le tribalisme, depuis 1960, ne s’est jamais aussi bien porté que sous l’ère Tshisekedi».

Originaire du Kasaï lui-même, il ajoute : «les responsabilités découlant des nominations de la présidence dans les entreprises publiques, le gouvernement, les cours et tribunaux, l’armée, la police, les services publiques en général, ne laissent aucune chance aux statistiques de contredire un lien de corrélation parfaitement tribale et abusivement excessif au profit des Kasaïens».

Et aussi : «Si pendant 32 ans, nous avons soutenu ce combat noble du feu Étienne Tshisekedi (avènement. État de droit), nous ne saurions aujourd’hui, ni demain et même jamais, nous accommoder d’un retour à la dictature et à la violation flagrante du pacte républicain. Si pour le président TSHISEKEDI la constitution est devenue un jouet, j’en conclu qu’il a été distrait lors du long et difficile processus de son adoption. On ne viole pas impunément le pacte républicain».

Beaucoup pensèrent qu’il s’agissait là d’un coup de sang d’un homme connu pour ses élans plutôt impétueux et dévastateurs. Mais de-là à l’imaginer rejoindre la lutte armée, il y a un pas que beaucoup d’observateurs n’auraient jamais franchi. C’est pourtant ce qui vient d’arriver. Jean Jacques Mamba a tenu ce lundi 26 février 2024 une conférence à Bruxelles, au nom et pour compte de l’Alliance fleuve Congo. L’homme a justifié sa démarche, critiquant encore une fois la gouvernance de Félix Tshisekedi. Rappelons que, dans sa majorité, le peuple congolais désapprouve la lutte armée comme moyens de résolution des conflits.

Mbuta MAKIESSE