TRIBUNE ‘‘Emile Ngoy ne devrait plus être ambassadeur de RDC en France’’, réagit...

‘‘Emile Ngoy ne devrait plus être ambassadeur de RDC en France’’, réagit un fonctionnaire des Affaires étrangères à Kinshasa

Nous avons reçu plusieurs réactions à la tribune que nous avons publiée ce vendredi 13 septembre sous le titre : ‘‘Accusé de détournements des fonds, népotisme et marginalisation des diplomates :  Emile Ngoy est convoqué à Kinshasa pour consultation’’ (voir le lien : https://finance-cd.com/blog/2024/09/13/marasme-administratif-detournements-des-fonds-nepotisme-et-marginalisation-des-diplomates-emile-ngoy-est-convoque-a-kinshasa-pour-consultation/)

 

La totalité approuvent et appuient cette tribune qui dénonce la mauvaise gestion qui a élu domicile à l’ambassade de la RDC en France. Nous avons décidé de publier une de ces réactions qui brille par l’originalité de son angle : selon l’auteur, fonctionnaire des Affaires étrangères dont nous ne dévoilerons pas le nom pour des raisons évidentes, Emile Ngoy ne serait simplement plus légalement ambassadeur de RDC en France depuis sa nomination à Andorre.

Nous laissons nos lecteurs apprécier.

Juridiquement, Emile Ngoy a cessé d’être ambassadeur en France depuis longtemps, et était juste protégé par Lutundula”  

J’ai lu la tribune que vous avez publiée sur votre site d’information dont lien ci-dessous. Je viens par la présente donner ma réaction sur cette situation. En tant que fonctionnaire des affaires étrangères en République Démocratique du Congo je me pose une question.

Nommé ambassadeur de la RDC en France et à Monaco par une seule ordonnance, le professeur Émile Ngoy Kasongo s’est vu nommé plus tard, ambassadeur de la RDC a Andorre, (état avec lequel nous n’avons pas encore des liens de coopération ni diplomatique).

Cette nouvelle ordonnance relative à Andorre contient dans un de ses articles l’incise : «sont abrogées toutes les dispositions antérieures à la présente ordonnance». Vous conviendrez avec moi que, logiquement, elle a annulé, mieux, abrogée la précédente ordonnance (le nommant en qualité d’ambassadeur de la RDC en France et Monaco).

Juridiquement donc, Émile Kasongo ne peut plus être ambassadeur de la RDC en France, mieux il n’est plus depuis longtemps ambassadeur en France ni à Monaco.

Il est certes vrai que, à l’époque, le vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, SEM Christophe Lutundula, un de ses protecteurs, avait fait une autre lecture de l’ordonnance, une lecture bien sûre biaisée, en continuant à le considérer comme ambassadeur en poste en France et Monaco.

Je m’explique : en 2021, un ambassadeur est nommé en Belgique et un autre en France. Quelques mois plus tard, les deux se voient nommés ambassadeurs dans d’autres États. Celui de la Belgique aux Pays Bas, en Luxembourg et auprès de l’Union européenne. Celui de la France, à Andorre et auprès de l’UNESCO.

Mais dans l’ordonnance nommant l’ambassadeur de la RDC en Belgique dans de nouvelles juridictions, est inclus un paragraphe protecteur de sa précédente fonctions. Il s’agit de l’article 3ème qui stipule : «les fonctions conférées au précité par la présente ordonnance seront exercées sans préjudice de ce qu’il occupe, es- qualités, en vertu des ordonnances antérieures».

Et cet article protecteur ne figure pas dans l’ordonnance nommant Émile Ngoy à Andorre, ce qui veut dire qu’il ne peut plus exercer comme ambassadeur de la RDC en France ni auprès de Monaco. Car l’ordonnance qui le nommait à ces postes a été abrogée depuis par celle le nommant à Andorre.

Nous sommes en présence d’une entorse juridique. D’où la question aujourd’hui est de savoir : juridiquement parlant, la RDC a-t-elle un ambassadeur en France ?

La réponse de la ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et Francophonie, est aussi attendue.