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Sommet continental de Djibouti : Tupa Kamango positionne la RDC au cœur de la lutte anti-corruption

M. Benoît Patrice Tupa Kamango (à droite) en compagnie d’autres participants au 13ème Colloque international du FIGE à Djibouti|Photo : Droits tiers

Le Palace Kempinski de Djibouti, joyau situé sur l’îlot du Héron à la confluence de la mer Rouge et de l’océan Indien, a accueilli du 3 au 5 février 2026 un sommet africain majeur. Placé sous l’égide du Président djiboutien, M. Ismaïl Omar Guelleh, cet événement a réuni la 16ème Réunion du Comité Directeur et le 13ème Colloque international du Forum des Inspections Générales d’États d’Afrique (FIGE).

Une diplomatie continentale au service de la gouvernance

La dimension diplomatique du forum a été rehaussée par la participation virtuelle des présidents Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire) et Bassirou Diomaye Faye (Sénégal). Tous deux ont salué l’action du FIGE comme un pilier de la bonne gouvernance en Afrique, réitérant la détermination de leurs nations respectives à promouvoir la responsabilité et l’intégrité dans la gestion des affaires publiques. La journée s’est achevée sur la préparation minutieuse de la 10ème Assemblée Générale et du 14ème Colloque, programmés à Kinshasa pour octobre 2026.

L’OSCEP et l’IGF : un front uni pour la transparence

De retour de ce sommet continental, Benoît Patrice Tupa Kamango, Directeur général de l’Observatoire de Surveillance de la Corruption et de l’Éthique Professionnelle (OSCEP), s’est confié à la presse et a dressé un bilan stratégique de ce qui est sa première mission internationale. Cette participation marquante au FIGE s’inscrit dans une dynamique de renforcement des capacités de contrôle en Afrique. Il a réaffirmé sa vocation pédagogique. Accompagné de Christophe Bitasimwa Bahii, Inspecteur Général des Finances et Chef de service de l’IGF, il a souligné l’obligation pour tout gestionnaire public de rendre compte de ses missions, tant à sa hiérarchie qu’aux citoyens.

Selon lui, les débats à Djibouti se sont concentrés sur la manière d’intégrer ces technologies de pointe pour auditer efficacement les établissements publics. L’objectif était de contrer les antivaleurs et la criminalité transnationale qui minent encore trop souvent la gouvernance sur le continent.

La vision numérique de Félix-Antoine Tshisekedi en action

Pour la République Démocratique du Congo, cette participation était stratégique à trois niveaux : démontrer son influence sur la scène internationale, adopter les normes de gouvernance les plus récentes, et prouver sa détermination à restructurer en profondeur ses mécanismes de contrôle.

M. Tupa Kamango a insisté sur le rôle moteur que la RDC doit impérativement jouer en Afrique, une ambition qui s’inscrit directement dans la vision politique du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi. Le numéro de l’OSCEP a donc saisi l’occasion pour rendre hommage à l’audace réformatrice du Président de la République. Il a rappelé qu’en créant le tout premier ministère dédié au Numérique dès son premier mandat, le Chef de l’État a posé les fondations d’une transformation structurelle du pays.

Cette dynamique s’est amplifiée durant le second quinquennat avec la création d’un ministère de l’Économie numérique, entérinant ainsi la place centrale du digital dans la stratégie de gouvernance nationale. Par ailleurs, le DG de l’OSCEP a félicité le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, pour son action déterminante dans la modernisation des services de l’État et la numérisation de l’administration.

L’OSCEP, bras armé de la moralisation publique

Dans son intervention devant la presse, M. Tupa Kamango a rappelé le rôle pivot de l’OSCEP. En tant qu’établissement public technique et consultatif, l’institution fait office de bras armé du gouvernement pour garantir la moralisation de la vie publique, en s’appuyant sur trois piliers fondamentaux : la promotion de l’éthique et de l’intégrité dans l’administration ; la lutte proactive contre la corruption, le népotisme et le clientélisme ; et la stricte application du Code de conduite de l’agent public.

Le numérique : une urgence absolue pour l’efficacité

Pour M. Tupa Kamango, l’adoption d’une culture numérique est devenue une urgence absolue pour les établissements publics. Il a mis en avant plusieurs bénéfices concrets découlant de cette modernisation. Il s’agit, notamment, de l’utilisation de l’intelligence artificielle pour optimiser le traitement des dossiers ; de la dématérialisation des procédures pour alléger le poids de l’administration ; du renforcement des outils de contrôle contre les malversations ; et de la garantie d’une meilleure traçabilité et d’une plus grande transparence dans la gestion administrative.

L’adoption de l’intelligence artificielle et du numérique s’impose désormais comme le moteur essentiel de la modernisation administrative. Pour l’OSCEP, ces outils constituent un levier stratégique majeur pour décupler l’efficacité de ses missions de contrôle et de surveillance.

Cap sur la modernisation et la cybersécurité

Face aux enjeux actuels, Benoît Patrice Tupa Kamango a exhorté les gestionnaires publics à franchir le pas vers une administration “zéro papier”. Pour ce technocrate reconnu pour sa rigueur, l’ancrage d’une véritable culture numérique est l’unique voie pour hisser la gestion publique congolaise au niveau des standards internationaux et garantir une gouvernance éthique.

Les travaux du 13ème Colloque international du FIGE se sont achevés le jeudi 5 février 2026. Cette ultime journée a permis de poser les bases d’une réforme profonde des cadres juridiques et normatifs des Institutions Supérieures de Contrôle, avec un accent particulier sur la cybersécurité.

Belhar MBUYI