Ministre des Finances, Doudou Fwamba semble dépassé et ne sait plus où donner de la tête|Photo : Droits tiers
Derrière le calme apparent des tableaux statistiques de la Banque Centrale du Congo (BCC) au 27 mars 2026, se cache une réalité budgétaire glaçante. Entre une explosion vertigineuse de la masse salariale et un rejet massif des titres publics par les marchés, le Gouvernement semble désormais acculé.
L’effondrement de la confiance : Le “fiasco” des titres publics
Le chiffre est sans doute le plus cruel de cette note de conjoncture : sur les 600 milliards de CDF que l’État espérait lever en monnaie nationale depuis le début de l’année, il n’a récolté que 20 petits milliards. Soit un taux de réussite dérisoire de 3,3 %.
Ce n’est plus de la prudence, c’est un désaveu. Le marché financier local, composé principalement des banques commerciales, envoie un message clair : il ne croit plus à la stabilité du Franc congolais à moyen terme et refuse de prêter à un État dont les besoins de financement semblent insatiables.
Plus grave encore, l’annulation de l’adjudication de 50 millions de dollars prévue en mars, officiellement pour « conditions de marché défavorables », ressemble à s’y méprendre à un aveu d’échec anticipé. En coulisses, tout indique que les prêteurs exigeaient des taux d’intérêt prohibitifs, jugeant le “risque RDC” trop élevé, même en devises étrangères.
Une masse salariale “au vertige” face à des caisses vides
Pendant que les sources de financement se tarissent, le train de vie de l’État, lui, ne connaît pas la crise. Les dépenses de mars ont culminé à 2 599,8 milliards de CDF, pulvérisant les prévisions de recettes (1 605,2 milliards).
Le poste des salaires des agents et fonctionnaires de l’État atteint des sommets inquiétants : 1 086,3 milliards de CDF pour le seul mois de mars. Cette rigidité budgétaire place le ministère des Finances dans une position intenable : comment honorer la paie des fonctionnaires quand les régies financières (DGI, DGDA, DGRAD) sont à la traîne de plus de 600 milliards par rapport aux objectifs, et que le marché du crédit se ferme ?
Le spectre de la planche à billets ?
Le secteur extérieur commence lui aussi à ressentir l’onde de choc. Les réserves internationales ont déjà amorcé un repli de 0,6 % en une semaine. Si le matelas reste confortable (7,27 milliards USD), l’érosion est entamée.
Avec un Franc congolais qui se déprécie déjà de 4,51 % sur le marché officiel en rythme annuel, l’impasse est totale. Si l’État ne peut plus emprunter sur les marchés pour combler son déficit et payer ses salaires, il ne lui reste que deux issues de secours, toutes deux explosives : puiser massivement dans ses réserves de change ou solliciter un financement monétaire auprès de la BCC.
Le premier trimestre 2026 s’achève sur un constat de vulnérabilité extrême. Pour le Gouvernement, le temps de la “gestion au quotidien” semble révolu ; l’heure est désormais à la survie budgétaire dans un climat de défiance généralisée des marchés financiers.
B.M.







