Par Belhar MBUYI
Davantage une construction idéologique qu’une réalité concrète, la Nation, dans sa conception moderne, dépasse largement le cadre ethnique ou tribal. Elle trouve plutôt sa source dans un ensemble complexe de liens qui fondent le sentiment d’une appartenance commune. Elle s’exprime par la citoyenneté de ses habitants sur une base d’égalité des droits. Il s’agit, certes, de l’égalité de tous devant la loi, mais c’est également une position de principe selon laquelle ni la naissance, ni l’appartenance à une race, une ethnie, un clan, une province, une religion, ou n’importe quelle origine, ni toute autre forme de position acquise ne peuvent légitimer une inégalité a priori, politique ou civile, entre les personnes ou entre les groupes, qui ne serait pas conforme aux fondements de la République démocratique du Congo. Dans sa Constitution et ses lois, la République démocratique du Congo a établi une pleine et entière égalité de ses citoyens d’origine de par leur naissance avec la nationalité congolaise en fonction des critères qui ont été clairement définies. De ce fait, on est pleinement citoyen ou on ne l’est pas tout simplement.
On ne peut pas avoir une nationalité calculée exprimée en pourcentage comme le veulent certains tarés hérauts du racisme qui, sans le moindre complexe, se clament «congolais 100%», «vrai congolais» pour le fait qu’ils sont nés de deux parents congolais. Comme s’il pouvait exister aussi des «faux congolais», des congolais détenant juste un peu de congolité : des congolais à 82,4%, à 46%, à 18,3%, pourquoi pas à 2,52%. Considérer ainsi la citoyenneté est une souillure pour la nation congolaise, une pollution mentale qui laisse aux Congolais l’idée fausse que les vertus comme l’amour de la patrie et la compétence peuvent être définies par le fait d’être nés de deux parents congolais. Barack Obama (né d’un père kenyan) aux Etats Unis, Nicolas Sarkozy (né d’un père hongrois) en France ont été de bons dirigeants de leurs pays respectifs. Plus près de nous, celui qui est considéré comme le deuxième héros national du Ghana après Kwame N’Krumah, pour avoir posé les bases du développement du pays et démocratisé le pays, n’est autre que l’ancien capitaine Jerry John Rawling, né d’un père écossais. Au Botswana, le bilan économique des 10 ans du président Ian Khama (née d’une mère britannique) est meilleur que tout ce qui a été enregistré en RDC en 65 ans d’indépendance.
Aujourd’hui, la RDC a certainement la meilleure ministre des Affaires étrangères de ces dernières années. Mme Thérèse Wagner Kayikuamba est née d’un père allemand. Elle a grandi une partie importante de sa vie au pays de son père. Elle parle fièrement et avec éloquence la langue de son père, l’Allemand. Mais qui peut douter des services qu’elle a rendus et qu’elle continue de rendre à son pays, celui qu’elle a choisi, la RDC, dans son secteur d’activité ? Pour elle au moins, une unanimité existe quant à sa compétence et à son efficacité, qualités qu’elle a mises au service de la RDC, dont elle est pleinement citoyenne, et non une congolaise à citoyenneté exprimée en pourcentage. Je suis quand-même étonné qu’elle est même saluée par ceux qui hier encore, étaient les chantres de l’infâme proposition de loi Tshiani, qui si elle était appliquée, une personne comme Mme Thérèse Wagner Kayikuamba ne devrait jamais être nommée aux Affaires étrangères !





