Vue d’un tronçon de la route Kananga-Kalambambuji|Photo : capture d’écran Finance-cd.com
Entièrement ouverte jusqu’à la frontière angolaise, la route Kananga-Kalambambuji incarne aujourd’hui l’un des projets d’infrastructure les plus porteurs d’espoir pour le développement du Kasaï central. Longue de 230 kilomètres, cette voie stratégique, en chantier dans le cadre du programme sino-congolais, transforme progressivement le visage de la connectivité régionale et ouvre des perspectives inédites pour les échanges commerciaux et humains avec l’Angola voisin.
Une avancée déjà notable dans les délais
En ce début juillet 2025, il faut entre six et sept heures pour relier Kalambambuji à partir de Kananga. Une durée encore longue, mais déjà bien inférieure à celle qui prévalait il y a peu. Une amélioration visible qui témoigne de l’avancement des travaux d’ouverture, en attendant la phase finale de revêtement qui promet de réduire encore drastiquement le temps de parcours.
C’est ce que confirme la récente visite conjointe du conseiller spécial du chef de l’État en charge des infrastructures, Martin Kabuya, et du directeur général adjoint de la Congolaise des Grands Travaux (CGT), Jean-Claude Mido Mbwete. Leur inspection, notamment entre Matamba et Chinyama, a permis de constater l’évolution des premières réalisations de la phase définitive : maçonnerie de caniveaux, rechargement de la couche de base avec des éléments concassés issus de la centrale installée à Chamatingu, et début d’un terrassement durable.
Un chantier à préserver et à entretenir
L’un des points clés soulignés par les deux officiels reste la nécessité de maintenir l’ouverture actuelle de la route jusqu’à la rivière Kasaï. Cela passe par des travaux d’entretien régulier et une attention particulière portée aux zones dites « chaudes », ces tronçons particulièrement vulnérables où le trafic pourrait vite se détériorer sans intervention rapide.
Jean-Claude Mido Mbwete, pour sa part, se veut rassurant : « Nous allons profiter de la saison sèche pour accélérer les travaux. D’ici un ou deux mois, la praticabilité sera plus effective et plus efficiente. »
Appel à la patience et à l’accompagnement des populations
Conscient des attentes de la population, Martin Kabuya appelle à la patience et à l’implication collective. « Je sais qu’ici, chez nous, les gens sont toujours impatients. Mais les travaux d’infrastructure ont leurs exigences techniques : on ne pose pas du béton en une journée. Il faut laisser le temps aux ingénieurs. »
Il salue au passage la volonté affichée par la CGT d’éliminer les bourbiers et de rendre la voie définitivement praticable, de manière à fluidifier le trafic et faciliter l’accès de Kananga au marché transfrontalier. À terme, les camions de transport de marchandises, les bus Transco, voire les services logistiques privés, pourront atteindre Kalambambuji avec aisance.
Un projet structurant, financé par le partenariat sino-congolais
Le projet Kananga-Kalambambuji est financé par le cadre bilatéral sino-congolais, qui prévoit le revêtement complet de la route en trois ans. L’horizon est donc fixé à fin 2027 pour un axe moderne, capable de soutenir les ambitions économiques de la région.
Au-delà du chantier, c’est une dynamique de désenclavement, d’intégration régionale et de montée en puissance des territoires qui est en marche. Pour le Kasaï central, si longtemps marginalisé dans les investissements structurants, ce projet pourrait bien marquer le début d’un véritable renouveau.
Stéphane KANDE, depuis Kananga







