Le 19 décembre 2022 au Nairobi Serena Hotel, cérémonie d’échange des documents entre le PCA de la KCB Group, Andrew Wambari Kairu, et le PDG de la TMB, Olivier Meisemberg.
Tout a commencé lorsque, le 22 septembre 2022, la Trust Merchant Bank (TMB), l’une des grandes banques commerciales de la RDC, publiait sur sa page Facebook un communiqué de presse conjoint, cosigné avec la Kenya Commercial Bank (KCB), et annonçant l’acquisition future des 85% du capital social de la première par la seconde. Ensuite, il y eut l’évènement, le 19 décembre de l’année dernière, dans le cadre du très select cinq étoiles Nairobi Serena, sur Hoteltta avenue, au centre la capitale kenyane : l’échange des documents entre les deux partenaires, les autorisations de rachat ayant été obtenues auprès des banques centrales et des autorités bancaires habilitées des deux pays. Etaient présents : tout le gotha de la finance kenyane, les dirigeants politiques du pays, mais surtout le PDG de la TMB, Oliver Meisenberg, le président du groupe KCB, Andrew Wambari Kairu, et le gouverneur de la Banque centrale du Kenya, Patrick Njoroge. Enfin, depuis ce jeudi 4 mai 2023 : l’officialisation de la prise de contrôle de la TMB par la KCB par le paiement effectif des 85% des parts sociales.
C’est à cette occasion que le montant de la transaction a été révélé : le groupe KCB a payé 25,1 milliards de shillings, soit, 183,2 millions de dollars américains pour acquérir sa participation majoritaire au sein de la banque commerciale congolaise. Selon le banquier kenyan, ce montant comprend un écart d’acquisition (prime) de 3,07 milliards de shillings, soit 22 millions de dollars, dans la transaction qui valorise la banque de la RDC à 216,6 millions USD.
Importants flux de trésorerie attendus
KCB, qui a finalisé l’achat en décembre dernier, avait précédemment déclaré que le prix de l’accord serait de 1,49 fois la valeur comptable du banquier de la RDC, soit près de 131,2 millions de dollars en décembre 2021, lorsque l’actif net de la TMB était de 102,6 millions de dollars. Le banquier kenyan dit avoir payé le goodwill – écart d’acquisition positif, appelé également survaleur, né de la différence entre le prix d’acquisition et la juste valeur de la société acquise – en raison d’importants flux de trésorerie futurs attendus de l’accord compte tenu des perspectives sur le marché de la RDC et également de la clientèle fidèle que la TMB s’était constituée au cours de ses 18 ans d’histoire opérationnelle.
«Le goodwill est attribuable aux perspectives d’avenir d’opérer sur le marché en RDC, qui a un grand potentiel étant donné que la majorité de la population n’est pas bancarisée et la nécessité d’apporter les services bancaires aux personnes ayant un effet de levier sur la présence du Groupe à travers la Communauté économique d’Afrique de l’Est», a fait savoir le président du conseil d’administration de KCB dans un reportage de la KTN, la télévision du groupe de presse Standard.
M. Andrew Wambari Kairu a également révélé que les actifs nets de la TMB avaient atteint 190 millions de dollars au moment de la signature de l’accord en décembre dernier, contre entre 102,6 et 110 millions de dollars un an plus tôt, entraînant une augmentation du prix pour tenir compte de paramètres tels que la croissance des dépôts de base, le portefeuille de prêts et les soldes bancaires et de trésorerie.
Grandes opportunités commerciales
La trésorerie et les équivalents de trésorerie de TMB, par exemple, ont atteint 947 millions de dollars par rapport aux 765 millions de l’année précédente, ce qui a donné à KCB une entrée de trésorerie nette de 762 millions lorsqu’elle a finalisé l’acquisition. La direction de KCB fait savoir que l’acquisition de la TMB a donné au groupe une capacité importante pour accélérer ses ambitions de croissance, notamment en exploitant les opportunités commerciales qui accompagnent l’admission de la RDC dans l’EAC.
«Le groupe KCB peut désormais débloquer les grandes opportunités commerciales qui existent sur les différentes routes commerciales qui relient l’océan Indien à l’océan Atlantique, ce qui nous permet très bien d’offrir une augmentation significative de la contribution apportée par les filiales en dehors du Kenya», a déclaré M. Russo, dans un texte publié sur le site du banquier kenyan.
Le banquier a déclaré que la TMB avait contribué pour 17 millions de dollars de revenus au mois de décembre 2022 et à une perte avant impôts de 476 539,58 de dollars. Cependant, à la KCB, on estime que les revenus auraient été de 112 millions de dollars et un bénéfice avant impôts de 22 millions de dollars si l’acquisition avait eu lieu au début de l’année dernière.
Selon les chiffres contenus dans le rapport annuel de la KCB publié sur le portail de la banque, la TMB rivalisera cette année avec la BPR Bank Rwanda en termes de rentabilité étant donné que la banque rwandaise était la filiale la plus rentable de KCB en dehors du Kenya avec un bénéfice avant impôts de 27 millions de dollars. KCB affirme avoir le droit de préférence d’acquérir les 15% restants de la TMB dans les 60 jours suivant le 15 décembre de l’année prochaine.
Rica MITSH







