L’opposant Moïse Katumbi doit, en principe, entamer ce mardi 23 mai une tournée d’une semaine dans le Kongo central. Sauf qu’il y a un ‘‘mais’’ : le gouverneur de cette province, M. Guy Bandu Ndungidi en a décidé autrement, en accordant au président d’Ensemble pour la République un séjour d’un jour seulement, pas un de plus. A croire que le Kongo central était un pays à part entière, voire entièrement à part, pour accorder aux autres congolais des visas d’une durée qui lui plaît.
Dans une correspondance adressée à Monsieur Fiston- Charles Lutonadio Salu, coordonnateur Provincial adjoint chargé de la formation du parti Ensemble pour la République, le Gouverneur du Kongo central évoque des questions sécuritaires pour expliquer sa décision. D’abord : «la situation sécuritaire très volatile, dans le Territoire de Madimba avec la présence des éléments de la milice Mabondo, les services de sécurité sont mobilisés afin de garantir l’intégrité de nos frontières et de protéger la population, vu que votre tournée devra s’étendre sur toute l’étendue de la province et ce, durant presque une semaine».
Ensuite : «considérant que dans un tel contexte sécuritaire les forces de sécurité de la province, dont l’effectif est du reste limité, ne pourront pas se consacrer essentiellement à la couverture de multiples activités d’un parti politique et ce, pendant plusieurs jours sur toute l’étendue de la province». Et enfin, le couperet : «par conséquent, afin de permettre aux services de sécurité de remplir pleinement leur mission conformément à l’article 7 précité, vous veillerez à vous conformer aux conditions suivantes, fixées à l’unanimité des membres du conseil provincial de sécurité restreint : accepter le report de vos activités de 48H ou 72H dès la notification de la présente ; limiter les activités en une seule journée ; limiter les activités en un lieu déterminé tenant compte des impératifs sécuritaires évoqués ci-haut».

Capture d’écran montrant des policiers en train de démonter la tribune destinée au meeting de Moïse Katumbi à Mbanza Ngungu
‘‘Difficile à imaginer’’
C’est pour la première fois dans l’histoire de la RDC qu’un gouverneur se croit permis de restreindre la libre circulation des leaders politiques dans son entité. «La police de cette province s’est déjà montrée capable de massacrer des populations civiles lors des plusieurs massacres des partisans de Bundu dia Kongo, sur l’ensemble du Kongo central. Là, elle avait la capacité de déploiement sur l’ensemble de la province. Mais pour protéger une délégation d’un parti politique, elle manquerait de moyens. Guy Bandu nous prend pour ses enfants», peste, enragé, un cadre d’Ensemble.
Qui nous confie que, pour l’instant, Moïse Katumbi maintient sa décision de se rendre au Kongo central ce mardi. Cependant, des images qui nous viennent de Mbanza Ngungu, première étape d’importance de la tournée, montrent des policiers en train de démonter la tribune d’où M. Moïse Katumbi Chapwe devait s’adresse à la population. De même, nos sources signalent un important dispositif sécuritaire placé à la frontière entre la ville de Kinshasa et la province du Kongo central, à l’heure où le cortège de Moïse Katumbi veut prendre cette direction. «Difficile d’imaginer que ce genre de choses se passent pendant que le pays est dirigé par un président issu de l’UDPS. Etienne Tshisekedi doit se retourner dans sa tombe», ajoute-t-il, dépité.
A.K.







