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Avec l’exploitation des résidus de Manono, la canadienne Tantalex va devenir le premier producteur de lithium de la RDC

Alors que la RDC possède certaines des meilleures ressources de lithium au monde, elle n’a pas encore de production formelle de lithium à grande échelle. Cette situation devrait changer dans les deux prochaines années, Tantalex Lithium Resources étant désormais bien avancée dans ses projets de production de lithium – et d’étain et de tantale – à partir de son principal actif, les haldes à résidus de Manono, province du Tanganyika, en RDC. C’est en tout cas ce qui ressort d’une interview que le PDG de cette société canadienne, Eric Allard, à Mining Review, une publication spécialisée dans le secteur minier. Selon lui, les progrès réalisés sur le projet pourraient permettre le lancement de la production au début de 2025.

Les décharges de Manono, situées près de la ville de Manono dans la province du Tanganyika en RDC, sont un héritage de plus de 60 ans d’exploitation minière sur le site de Manono. La mine Manono-Kitotolo a été exploitée depuis le début de la décennie 1980 jusqu’en 2019, produisant au cours de cette période environ 140 000 à 180 000 tonnes d’étain et 4 500 tonnes de concentré de coltan.

Le lithium contenu dans le minerai extrait n’a pas été récupéré car il n’était pas considéré comme un produit de valeur à cette époque. La ressource est contenue dans 11 haldes à résidus s’étendant sur une longueur de 12 km dans une direction sud-ouest à nord-est. La minéralisation de lithium est principalement encaissée dans le spodumène tandis que la minéralisation d’étain est encaissée dans la cassitérite et le tantale dans la tantalite.

Rapidité de mise sur le marché

Les résidus ont été déposés sur le sol adjacent aux différentes fosses à ciel ouvert. Les résidus grossiers ont été déposés dans des tas surélevés qui atteignent jusqu’à 70 m au-dessus de la surface dans certaines décharges, tandis que les résidus fins ont été déposés sur des terrasses plates adjacentes aux décharges de résidus grossiers.

Tantalex Lithium Resources, qui a été fondée en 2013 et est cotée à la Bourse des valeurs canadiennes, à la Bourse de Francfort et à l’OTCQB Venture Market aux États-Unis, détient actuellement une participation de 52 % dans la coentreprise – connue sous le nom de MINOCOM Mining – qui détient le permis d’exploitation des résidus de Manono. Ses partenaires sont la société minière publique Cominière et la société congolaise MINOR SARL, qui détiennent respectivement 30% et 18% du projet.

M. Allard, ingénieur géologue canadien-français, est président et chef de la direction de Tantalex Lithium depuis 2019, après avoir travaillé auparavant comme consultant pour l’entreprise. Partiellement élevé en Afrique, il a une grande expérience de travail non seulement en RDC mais aussi en République du Congo et en Éthiopie. «Le projet Manono Lithium Tailings est très attractif», dit-il. Avant d’ajouter : «la caractéristique distinctive est la rapidité de mise sur le marché par rapport à ses pairs, car le matériau que nous allons exploiter a déjà été extrait et le processus sera probablement très simple, incorporant des technologies et des équipements standard et bien compris».

Un projet de 105 tonnes

«Nous travaillons activement sur un programme qui sera suivi d’études complémentaires et visons une production début 2025, ce qui fera très probablement de nous le premier producteur formel de lithium en RDC», a-t-il renchéri. M. Allard ajoute qu’il ne prévoit aucun problème de financement du projet. «Le prix du lithium a baissé ces derniers mois mais reste toujours élevé. De plus, les perspectives pour le métal restent très positives à moyen et long terme. Il a été estimé que pour répondre aux besoins de l’industrie de fabrication des batteries et des véhicules électriques, le monde aura besoin d’environ cinq nouvelles mines par an au cours des prochaines années. Cela nous place dans une excellente position et notre projet attire déjà l’attention d’investisseurs et d’acheteurs potentiels», assure-t-il.

Tantalex est actuellement bien avancé avec son programme. «Nous entreprenons actuellement d’autres travaux d’essais métallurgiques pour finaliser le schéma conceptuel et déterminer quelles technologies supplémentaires peuvent être déployées pour nous assurer que nous tirons le maximum de valeur des résidus», déclare Allard.

Le projet couvre 105 millions de tonnes sur 11 décharges, contenant du lithium, de l’étain et du tantale. Près de 10 000 m de forage à air comprimé ont été réalisés à ce jour, dans 74 trous à un espacement nominal de 40 m.

Rica MITSH