A LA UNE Vives réactions après les perquisitions chez Moïse Katumbi et Salomon Kalonda

Vives réactions après les perquisitions chez Moïse Katumbi et Salomon Kalonda

C’est une pluie de perquisitions qui s’est abattue ce jeudi 08 juin 2023, sur les opposants d’Ensemble pour la République. D’abord, au petit matin, c’est la résidence du président de ce parti, Moïse Katumbi Chapwe dans la commune de Ngaliema à Kinshasa, qui est investie par des agents des renseignements militaires. Le maître des lieux est à Lubumbashi, à plus de 2.000 Km de là. Aucun membre de sa famille, ni aucun de ses avocats n’est présent lors de l’opération. Les voisins sont atterrés …

Les agents des renseignements militaires finissent par réquisitionner une voisine afin d’assister à leur perquisition. Selon Michael Tshibangu, un proche de Moïse Katumbi Chapwe, ‘‘la perquisition est terminée et rien n’a été trouvé’’. Les envoyés des renseignements militaires auraient alors demandé à la voisine de signer le procès-verbal de perquisition, mais cette dernière aurait insisté pour qu’ils lui laissent aussi une copie de ce PV, ce qu’ils ont refusé. Devant cette réalité, la voisine a également refusé de signer le document.

Au même moment, à Lubumbashi, d’autres agents des renseignements militaires sont allés se livrer à une autre perquisition à la résidence de Salomon Idi Kalonda, conseiller spécial de Moïse Katumbi, emprisonné récemment aux renseignements militaires après une brutale interpellation digne d’un film de Far-West, au pied d’un avion qui devait l’amener à Lubumbashi avec M. Katumbi. La maison perquisitionnée est située au croisement des avenues Moero et Adoula, en commune de Lubumbashi. Pour l’instant, nul ne sait quelles en ont été les suites.

Epouvantail

Et en même temps, dans la capitale, c’est une autre résidence du même Salomon Idi Kalonda, située sur l’avenue Nguma, au quartier Joli parc, qui a reçu les agents des renseignements militaires. Aucune suite non plus cette fois-ci encore. «Ils y cherchent des preuves criminelles, ou, à défaut, les fabriquer afin d’incriminer Monsieur Katumbi», commente un journaliste qui suit de près le dossier.

Selon une source sécuritaire citée par le journaliste Stanis Bujakera, sont normales.  «Les perquisitions qui sont menées dans le cadre de l’affaire “Salomon Della”, c’st-à-dire sur des faits qui touchent à la sécurité nationale, se font de manière régulière sur base de mandats dûment signés par l’autorité judiciaire de la République ». Il importe de savoir que la perquisition est une mesure d’enquête, un acte contraignant qui consiste à rechercher des preuves de toutes sortes dans un lieu privé, avec ou sans accord de l’occupant», indique cette source.

Pour autant, ces perquisitions ont suscité de vives réactions des défenseurs des droits de l’homme et de la classe politique. Président de l’Association pour l’accès à la justice, ACAJ en sigle, Georges Kapiamba a réagi sur son compte Twitter : «Les perquisitions que les agents des renseignements militaires conduisent actuellement dans les résidences de Moïse Katumbi (à Kinshasa), et de Salomon Idi Kalonda (à Lubumbashi) en l’absence de ces derniers et de leurs mandataires spéciaux sont amplement irrégulières», tranche-t-il.

Pour sa part, Starmel Twite, entrepreneur proche de l’ancien président de la République Joseph Kabila Kabange, tout serait fait pour écarter un adversaire qui fait peur. «Le régime de Tshisekedi est en train de monter un complot contre le candidat Moïse Katumbi dans le but de l’écarte de se présenter aux élections. Katumbi fait trembler tout un régime», écrit-il sur son compte Twitter.

Bête noire du régime Kabila, Moïse Katumbi Chapwe, candidat déclaré à la prochaine présidentielle, est devenu vite l’épouvantail de son successeur Félix Tshisekedi. Depuis 2021, à intervalles réguliers, les tenants du pouvoir essaient, jusque-là en vain, de l’éliminer de la présidentielle prévue en décembre 2023, avec une proposition dite Tshiani, du nom de son concepteur, Noël Tshiani, un politicien raciste d’extrême-droite sans assise – 0,13% à la dernière présidentielle de décembre 2018 – et détenteur de la nationalité américaine.  

Mbuta MAKIESSE