Le 23ème sommet ordinaire des chefs d’Etat de la Communauté d’Afrique de l’est s’est tenu ce vendredi 24 novembre 2023 à Arusha, ville du nord de la Tanzanie. Si le thème officiel en était ‘‘accélérer la reprise économique grâce à l’action climatique et renforcer la sécurité alimentaire pour améliorer les moyens de subsistance’’, le sommet s’est penché sur deux autres points importants : à savoir le conflit à l’est de la RDC, et l’admission de la Somalie au sein de l’EAC.
Contrairement au programme initial, le chef de l’Etat congolais Félix Antoine Tshisekedi ne s’est pas rendu à Arusha ce vendredi. Il s’est fait représenter par le vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale Jean Pierre Bemba, qu’accompagnait, pour l’occasion, le ministre d’Etat et ministre de la Coopération régionale, Antipas Mbusa Nyamwisi. Autre chef de l’Etat concerné au premier chef par la crise sécuritaire dans l’est du Congo, le rwandais Paul Kagame n’a pas fait le déplacement d’Arusha.
Il ressort de débats et délibérations de la journée qu’aucun calendrier de retrait de troupes de la force régionale de l’EAC (EAC-RF) de l’est de la RDC n’a été adopté ce vendredi 24 novembre. A la place, les Chefs d’états ont plutôt recommandé des consultations entre les chefs d’état-major des armées de l’EAC et de la SADC, qui soumettront des recommandations aux ministres de la Défense avant le prochain sommet de l’EAC.
Représentant le président de la RDC, Jean Pierre Bemba Gombo a précisé que la préoccupation du peuple congolais reste la paix. «Le peuple congolais veut la paix , nous voulons aller aux élections, nous voulons que les personnes déplacées puissent rentrer chez eux dans leurs villages, et reprendre la vie normale», a lancé le ministre congolais de la Défense.
Un puissant état fédéral
Le sommet a pris acte de l’entrée en fonction du président du Sud Soudan, Salva Kiir, en qualité de président de la Communauté. La remise et reprise entre ce dernier et le président Burundais Evariste Ndayishimiye a eu lieu, et c’est désormais Salva Kiir qui conduit l’organisation.
Autre point à l’ordre du jour : la Somalie a été admise comme huitième membre de la Communauté d’Afrique de l’Est, un peu plus d’une année après l’admission du dernier entrant, la RDC. L’admission de Mogadiscio dans le bloc a été approuvée par les dirigeants de la région après des négociations fructueuses qui ont duré près d’un an.
Le président sortant, le président burundais Evariste Ndayishimiye, a déclaré que les chefs d’État étaient convenus d’admettre formellement la Somalie dans le bloc, après une longue réunion à huis clos qui a duré plus de cinq heures.
Rappelons que la Somalie a exprimé pour la première fois son intérêt pour l’adhésion à l’EAC en 2012, mais a été refusée en raison de ses problèmes internes avec les rebelles terroristes Al-Shabaab et de l’absence d’un environnement juridique et politique stable à l’époque.
Cependant, les espoirs de Mogadiscio de rejoindre le bloc régional ont été ravivés lorsque le Soudan du Sud, tout aussi troublé et instable, a été admis en 2016, puis la RDC, qui connaît également de multiples conflits à l’intérieur de ses frontières avec d’innombrables groupes armés, en 2022.
L’entrée de la Somalie dans l’EAC ouvrira désormais la voie à l’admission de ses voisins, l’Érythrée et Djibouti, qui ont également été ciblés dans le plan d’expansion de l’EAC pour inclure l’ensemble de la corne de l’Afrique, y compris l’Éthiopie et, peut-être, le Soudan. Dans un proche avenir, l’EAC deviendra un bloc recouvrant toute la corne de l’Afrique jusqu’à la région des Grands lacs, bloc destiné à devenir un puissant état fédéral dans le cadre de l’intégration africaine.
MULOPWE wa ku DEMBA







