Au lendemain de nos révélations sur l’ouverture d’une procédure judiciaire visant l’ancien Inspecteur général des finances-chef de service, Jules Alingete, son épouse, quatre membres de la famille Rawji ainsi que deux cadres de la Rwabank, de nouvelles informations obtenues auprès de sources concordantes au ministère de la Justice viennent conforter l’ampleur de cette affaire.
Selon ces sources, la décision du Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Nvonde Mambu, de déclencher une information judiciaire ne repose pas sur de simples allégations. Elle ferait suite à une enquête approfondie menée notamment par l’Agence nationale de renseignements (ANR), dont les conclusions auraient mis en évidence des éléments suffisamment graves pour justifier l’ouverture de poursuites judiciaires.
Les personnes concernées sont poursuivies pour des faits présumés de corruption, de faux en écriture, de blanchiment de capitaux et d’infractions liées au financement illicite, des infractions prévues et réprimées par le Code pénal congolais ainsi que par la loi portant lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
Une interdiction de quitter le territoire déjà ordonnée
Le document officiel que nous publions aujourd’hui confirme cette volonté du parquet d’empêcher toute tentative de fuite des personnes mises en cause.
Dans une lettre adressée au Directeur général de la Direction générale de migration (DGM), datée du 20 juin 2026, le Procureur général près la Cour de cassation demande l’interdiction de sortie du territoire national de huit personnes : Mustafa Rawji, Mazhar Rawji, Uzair Rawji, Zain Rawji, Jules Alingete Key, Kiala Ndombele, Nanu Mukawa (alias Nanu Alingete) et Jok Oga Ukelo.


Le magistrat explique que cette mesure vise à garantir leur disponibilité pour les besoins de l’instruction et à empêcher qu’ils ne se soustraient aux poursuites judiciaires engagées contre eux. Il ordonne ainsi qu’aucun des intéressés ne puisse quitter Kinshasa ou le territoire national jusqu’à nouvel ordre, tout en demandant aux services concernés d’assurer la stricte exécution de cette décision.
Cette correspondance constitue un acte judiciaire officiel démontrant que le dossier est désormais entré dans une phase active de la procédure.
De puissants réseaux à l’œuvre pour faire échouer la procédure
Mais selon les informations recueillies par notre rédaction, l’évolution de ce dossier dérangerait de puissants intérêts.
Nos sources affirment que plusieurs groupes financiers et des relais politiques influents seraient actuellement mobilisés afin d’obtenir l’arrêt ou le ralentissement de cette procédure judiciaire. Les interventions se multiplieraient dans différents cercles du pouvoir afin de protéger les personnes concernées et d’éviter que l’affaire n’aboutisse devant les juridictions compétentes.
Cette intense activité de lobbying témoignerait de la sensibilité du dossier et des intérêts considérables qui pourraient être affectés par l’issue de l’enquête.
Firmin Nvonde déterminé à aller jusqu’au bout
Malgré ces pressions présumées, les mêmes sources assurent que le Procureur général Firmin Nvonde demeure déterminé à conduire cette procédure jusqu’à son terme.
Décrit comme peu sensible aux influences politiques ou financières, le chef du parquet près la Cour de cassation aurait décidé de laisser la justice suivre son cours, dans le strict respect de la loi.
Les prochains développements de cette affaire seront donc suivis avec une attention particulière, tant par les milieux judiciaires que par l’opinion publique, au regard des personnalités concernées et des enjeux liés à la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux en République démocratique du Congo.
Notre rédaction continuera à suivre ce dossier et à publier toute information d’intérêt public vérifiée relative à cette procédure judiciaire.
Stratégie de com
Par ailleurs, selon des proches de Jules Alingete, l’ancien chef de service de l’Inspection générale des finances serait rentré à Kinshasa dans la soirée du jeudi, après un séjour à l’étranger. Les mêmes sources affirment que l’homme soutient avoir été rappelé par le Président de la République en vue d’une éventuelle nomination au sein d’un gouvernement qui serait actuellement en préparation. Cette version, largement relayée dans son entourage, n’a toutefois fait l’objet d’aucune confirmation officielle de la Présidence de la République ni des services concernés. Certains observateurs y voient une stratégie de communication destinée à démontrer qu’il continuerait de bénéficier de la confiance des plus hautes autorités, en dépit de la procédure judiciaire ouverte à son encontre.
A.K.







