Il pleut de bosses et des plaies à la CENI Kasaï central. Le 30 mars dernier, lorsque la CENI a publié la liste des candidats gouverneurs et vice-gouverneurs, l’on avait noté l’absence du candidat indépendant Joseph Moïse Kambulu. Ce qui avait fait bouger le microcosme dans la province. Et pour motif : il n’aurait pas déposé sa lettre de demande de mise en disponibilité. A la manœuvre : le secrétaire exécutif provincial de la centrale électorale, M. Onu Ntumba Tshisuyi qui, visiblement, tenait à éliminer ce candidat.
Et pourtant, le même Joseph Moïse Kambulu était candidat aux législatives du 20 décembre 2023. Et ses avocats avaient alors brandi une lettre de demande de mise en disponibilité datée de juin 2023. Réponse de la CENI Kasaï central : il fallait une autre demande de mise en disponibilité pour l’élection des gouverneurs. Les juristes doués de bon sens s’arrachent les cheveux ! «Une personne mise en disponibilité demeure hors service, jusqu’à la demande de réintégration et la décision de réintégration qui s’en suit», confie un avocat proche du dossier sur place à Kananga.
Donc, c’est Onu Ntumba qui a induit sa hiérarchie de Kinshasa en erreur en prétendant que M. Kambulu n’avait pas déposé a lettre de demande de mise en disponibilité. Mais M. Kambulu a justement saisi la justice en contestation de la décision de la CENI Kasaï central. Et lors de l’audience du lundi 8 avril, intervenant au nom de la centrale électorale, M. Jean Marie Pembe, chargé des questions juridiques et juriste vérificateur de la CENI Kasaï central, reconnait que la demande de mise en disponibilité de M. Kamulu était bien valide. C’est un choc dans le chef de M. Onu Ntumba Tshisuyi.
Antivaleurs
La moutarde au nez, ce dernier trempe sa plume dans du vitriol, et écrit à son juriste vérificateur le même lundi une correspondance dont copie est parvenue à notre rédaction. Dans un Français truffé de fautes d’orthographe et de syntaxe, le SEP, de la CENI Kasaï central, M. Onu Ntumba Tshisuyi, adressée au juriste vérificateur, monsieur Jean Marie Pembe, et dont une copie est parvenue à notre rédaction, il accuse ce dernier d’incompétence et d’insubordination pour avoir, notamment, «commenté le dossier dans (son) entendement dans tous les sens négatifs» devant la Cour d’appel.
Usant d’une phraséologie embrouillée et dont on peine à mieux saisir le sens, il écrit : «vous faisant des remarques pour la bonne défense devant la Cour d’appel de Kananga en contentieux des listes, vous êtes resté sûr à votre comportement d’insubordination directe, non seulement contre votre SEP, mais spécialement contre notre haute hiérarchie et à l’autorité qui aurait mal fait l’étude de ce dossier à Kinshasa, en déclarant le dossier non conforme, la personne que vous méconnaissez le pouvoir c’est le SEN (NDR : Secrétaire exécutif national) qui est notre chef directe qui nous orientent dans beacoup de dossiers et procédures de la CENI». Un texte que l’on croirait tout droit sorti d’un mauvais livre de grammaire française !
C’est sur ces entrefaites que Onu Ntumba Tshisuyi a collé à son chargé des questions juridiques une demande d’explication dont les éléments de justification doivent lui parvenir au plus tard dans 48 heures.
Par ces faits, la CENI, considérée comme institution d’appui à la démocratie, brille par des antivaleurs rouille son image et discréditent son action, là où le peuple était en droit d’attendre d’elle la promotion des valeurs démocratiques.
Stéphane KANDE







