La guéguerre entre le pouvoir Tshisekedi et le Cardinal Fridolin Ambongo continue de plus belle. La dernière étape en date, c’est le refus, par des services aéroportuaires, d’accorder au prélat d’accéder au salon diplomatique de l’aéroport international de Kinshasa pour son voyage de Rome. Cette situation n’a pas laissé indifférent Anaclet Muamba, analyste congolais basé aux Etats Unis, qui a trempé sa plume dans du vitriol, pour écrire au Primat de l’église du Congo. Pour lui dire tout le mal qu’il pense de sa démarche dans ses relations avec le régime en place.
M. Muamba ne voit pas d’un bon œil le fait que l’église s’oppose au rétablissement de la peine de mort par le gouvernement de Félix Tshisekedi, et avance des raisons qui le justifie à ses yeux. Il va plus loin, jusqu’à demander au Cardinal de choisir entre la religion et l’action politique.
Ci-après l’intégralité de la lettre ouverte de M. Anaclet Muamba au Cardinal Fridolin Ambongo.
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Eminence,
C’est avec beaucoup d’attention que j’ai suivi votre brillante homélie du Cardinal Fridolin Ambongo aux funérailles de M. Chérubin Okende. En effet vous avez fait un admirable plaidoyer contre la peine de mort et mérite être félicité. Cependant, quelque bonnes que soient les questions soulevées par Votre Eminence, la circonstance ne s’y prêtait pas du tout, et était, à tout le moins inappropriée, voire inadéquate.
Il m’apparaît désormais comme une évidence que l’heure est venue de demander à notre Cardinal qu’il doit faire le choix entre le pastorat et la politique. En effet, s’il est vrai que les questions soulevées brillent par leur pertinence, je dois aussi faire remarquer que ces questions ont la faiblesse de faire croire que nous vivons dans un monde parfait. Le Congo n’est pas le seul pays au monde où des erreurs judiciaires sont commises, et ceci n’est donc pas une raison suffisante pour s’opposer d’emblée au rétablissement de la peine de mort. Il est plutôt important de considérer les raisons qui ont milité en faveur de ce rétablissement de la peine de mort, en étudier le contexte fait des trahisons permanentes qui ne peut pas être ignoré par toute autorité digne de ce nom.
Permettez-moi ici d’ouvrir une parenthèse, avec cette parabole, comme notre Seigneur aimait tant le faire lors de son passage sur terre : «avant sa mort un père dit à son fils : ‘‘voici une montre que ton grand-père m’avait donnée. Mais avant que je te la donne, va chez le bijoutier et dit lui que je voudrais la vendre et voit combien ils vont t’offrir’’. Le fils revint et lui dit: ‘‘il m’offre $150’’. Le père lui dit alors d’aller à la boutique des prêteurs sur gage, il revint et dit : ‘‘père, ils m’offrent 10$ parce qu’ils disent qu’elle est trop usée’’. Le père lui dit enfin d’aller au musée, et à son retour, le fils lui fit ce rapport : ‘‘ils m’offrent 500.000 $, parce qu’ils dissent que c’est une pièce très rare qu’ils peuvent ajouter à leur précieuse collection antique’’. Le père le regarda et lui dit : ‘‘mon fils, je voulais juste que tu saches le bon endroit pour te valoriser correctement, ne t’énerves pas lorsque tu te retrouves au mauvais endroit et te sens sous-évalué. Souviens-toi simplement que ta valeur n’est pas réduite du fait de l’incapacité d’une personne à reconnaitre ta valeur!».
Avant de continuer, j’aimerai rappeler Matthieu 7: 3 : «Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’oeil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil? Ou comment peux-tu dire à ton frère : ‘‘Laisses-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ?’’ Hypocrite, ôtes premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère…’’
Nous sommes tous d’avis que le principal problème du Congo c’est l’homme Congolais. Et la qualité de l’homme est directement liée à l’église. C’est la responsabilité de l’église de former des hommes de qualité et, disons-nous la vérité : l’église congolaise a horriblement échoué et, au lieu d’examiner d’abord sa maison, elle veut se transformer en donneur de leçon. Peut-on établir le bilan de l’église catholique depuis l’indépendance ? Est-ce un bilan positif ou négatif ? Rappelons spécialement que l’église catholique bénéficie de la subvention de l’état.
S’il est vrai que l’église a la responsivité de former des hommes intègres, il est temps pour l’église d’arrêter son ingérence dans les affaires de l’Etat et, de s’adonner à sa véritable mission qui est de sauver las âmes et, par ricochet, doter le pays des citoyens intègres. Ceci dit, considérons la dernière réaction de l’Abbé Clet-Clay Mamvemba qui s’offusque du ‘‘traitement dégradant infligé au cardinal’’, selon ses propres termes ! Si le refus d’accès à une simple salle d’honneur est dégradant pour vous, quel est votre modèle ? Le Seigneur Jésus, créateur de l’univers, s’était-il offusqué pour le pire traitement lui réservé par ses créatures ? Bien plus, Monsieur l’Abbé, vous traitez de ‘‘prophétiques’’ des propos qui frisent la traitrise, c’est très grave !
Eminence,
Vous devriez remercier Dieu du fait que vous avez à la tête du pays un président trop gentil. Les propos que vous traitez de prophétiques sont pour le moins provocateurs et ne cadrent nullement avec la mission de l’église. Sanctifier ce genre de propos constitue un opprobre pour l’église. L’église catholique du Congo n’est pas l’unique église catholique du monde. Pourquoi l’église catholique des Etats Unis d’Amérique ne s’est-elle jamais érigée en donneuse de leçons au gouvernement à chaque bavure du gouvernement Américain ? C’est simplement parce que celle-ci respecte la séparation entre l’état et l’église. Mais au Congo, l’église Catholique, qui est de surcroit subventionnée par le gouvernement, se croit au-dessus de l’Etat ! Il est plus que temps de mettre fin à cette anarchie que veut créer l’église catholique du Congo.
Veuillez agréer, Eminence, l’expression de mes salutations patriotiques.
Anaclet MUAMBA







