L’équipe de Westminster lors de la conférence de presse. |Photo : Finance-cd.com
Filiale de Westminster Group, le plus grand groupe mondial dans le secteur de la sureté aérienne, Westminster Aviation Security Services a signé un contrat avec l’état congolais le 14 avril 2024. C’est ce qui ressort d’une conférence de presse organisée ce jeudi 16 mai 2024 en la salle Kampala de l’hôtel Rotana à Kinshasa/Gombe. Face aux journalistes : Patrick Sakameso, directeur général de Westminster RDC ; Dominique Ndongala, consultant en charge du projet, et l’ingénieur et économiste Al Kitenge et l’ancien député Kovo Ingila Bokondo, tous deux en charge du porte-parolat du projet.
Selon les orateurs, le projet porte sur le financement, le développement, la mise en œuvre, la maintenance, la formation et l’exploitation des services de sécurité sur quatre aéroports internationaux – Kinshasa, Lubumbashi, Goma et Kisangani – ainsi qu’un aéroport national, celui de Mbuji-Mayi. Westminster va donc déployer sur ces aéroports un ensemble de mesures visant la sureté aéroportuaire, aussi appelée ‘‘sureté de l’aviation civile’’, AVSEC en sigle (de l’Anglais Aviation security).
Celle-ci est définie par l’Organisation internationale de l’aviation civile (OACI), comme étant l’ensemble des mesures mises en œuvre pour protéger l’aviation civile contre les actes d’intervention illicite. «Il est vrai que la mise en œuvre de la sureté est de la responsabilité de l’Etat, a déclaré M. Patrick Sakameso. Mais il n’est pas interdit que l’Etat délègue cette responsabilité à une entité externe, une société par exemple considérée comme une bonne pratique». Et d’ajouter : «C’est d’ailleurs ce qui est vivement recommandé aujourd’hui par l’OACI, pour éviter que l’Etat soit juge et partie car ne pouvant s’auto-auditer. L’Etat contrôle et et supervise cette mise en œuvre».
Westminster ne prend pas la place de la RVA
Alors, quelles sont les réalisations qui sont attendues du partenariat entre Westminster et la régie des voies aériennes, RVA ? D’entrée de jeu, M. Al Kitenge a expliqué que, contrairement aux rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux, Westminster ne vient pour prendre la place de la RVA, et encore moins envoyer les agents de cette entreprise au chômage technique. Bien au contraire, l’entreprise britannique va travailler avec la RVA afin d’améliorer le système de sureté des aéroports, pour le bien des passagers.
En clair, Westminster va fournir l’investissement nécessaire et déployer une équipe de spécialistes en sureté de l’aviation civile, ayant une expérience internationale afin d’assister et de conseiller la RVA dans la gestion et la mise en œuvre des mesures de sureté, conformément aux standards internationaux. De même, il va améliorer les conditions de travail des agents AVSEC de la RVA, proposer des réformes structurelles, les nouveaux uniformes et offrir les meilleures perspectives de carrière. Mieux encore : Westminster va prendre en charge toute la masse salariale des agents AVSEC, ce qui, au final, permettra à la RVA de faire des économies.
Westminster compte également élaborer un programme complet dans le but de faire certifier l’ensemble des agents AVSEC conformément à la réglementation nationale et internationale ; procéder régulièrement à l’analyse des risques, des menaces et révisions opérationnelles des procédures AVSEC des aéroports ; fournir des services de supervision et de surveillance de la conformité des opérations AVSEC dans l’ensemble des aéroports objets du contrat ; mettre en place des murs de clôtures périmétriques et de barrières de sécurité conformes aux normes de l’OACI ; fournir des équipements neufs, à la pointe de la technologie ; former les techniciens pour assurer la maintenance des équipements de sureté et assurer un approvisionnement en pièces détachées ; mettre en place un système de contrôle et de commandement intégré à l’usage des autorités, capable de contrôler les systèmes d’incendie, de sureté et de sécurité installés dans les aéroports objets du contrat.
En outre, le partenaire de la RVA va aider à la formation d’une unité cynophile, comprenant des chiens et de maîtres-chiens qui seront utilisés dans la détection des articles prohibés, la contrebande, les drogues, les explosifs et autres.
Améliorer la qualité des services de sureté
L’ensemble de ces mesures, à en croire M. Sakameso, aura comme conséquence d’améliorer la qualité, l’efficacité et la performance des services de sureté, de s’assurer de la conformité des opérations de manière continue, conformément à la réglementation nationale et internationale.
Pour l’équipe de Westminster, la RDC va bénéficier de nombreux avantages, notamment l’amélioration de la sureté des aéroports, une des étapes de la sortie de la RDC de la liste noire de l’Union européenne, qui favorisera également le retour de certaines compagnies aériennes, avec comme conséquence : un accroissement du flux de passagers et une amélioration de l’image du pays. «Le fait que ce projet n’entraîne aucune dépense de la part de l’Etat est un avantage non négligeable, du fait que le gouvernement et la RVA pourront affecter leurs ressources à d’autres programmes de développement», a soutenu Patrick Salameso.
Qui a expliqué que Westminster sera payé par une redevance supportée par le passager sur le prix du billet d’avion, redevance qui, pour l’heure, ne concerne que les vols internationaux. Le contrat porte sur 10 ans, renouvelable pour des périodes de 5 ans en fonction de la satisfaction des parties.
Belhar MBUYI







