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Incroyable mais vrai : cinquième productrice mondiale de diamants avec 8,3 millions de carats, la RDC ne gagne que 65 millions de dollars

Le Système de certification du processus de Kimberley (SCPK) vient de rendre publics les chiffres relatifs au commerce de diamants dans le monde pour l’année 2023. Ces chiffres représentent aussi bien la production que les revenus engendrés par le commerce des diamants. Selon ces chiffres, la RDC, avec une production de 8,3 millions de carats, est la cinquième productrice mondiale de diamants – après la Russie (37,3 millions de carats), le Botswana (25,09 millions), et le Canada ((15,9 millions) et l’Angola (9,7 millions) – et, donc, la troisième d’Afrique. Cependant, en matière de recettes tirées de ce commerce, la RDC se trouve au bas de l’échelle. Les chiffres congolais font froid dans le dos.

Le pays de Félix Tshisekedi n’engrange qu’à peine 65 millions de dollars américains. On peut comprendre que le Botswana, champion du monde de la qualité de ses diamants, et qui est l’un des deux seuls pays africains qui taillent ses pierres sur place au pays avec l’Afrique du Sud, totalise des recettes records de 3,2 milliards de dollars américains, à peine en dessous de la Russie avec ses 3,6 milliards USD, alors que la différence entre la production de deux pays est plus forte. De même, l’Angola, avec ses 9, millions de carats, réalise 1,5 milliard de dollars.

Mais, même des pays avec une production de loin moindre que celle du Congo Kinshasa, alignent des revenus de loin plus importants. Le cas de la Namibie qui, avec ses 2,3 millions de carats, gagnent 1,2 milliard de dollars US. Ou encore, pour prendre des cas extrêmes, la Sierra Leone, qui encaisse 102 millions de dollars pour seulement 524 457 carats, ou encore le Lesotho, avec 138 millions de dollars pour 471 744 carats.

Mettre fin aux diamants de conflits

Qu’est-ce qui peut bien expliquer un tel écart entre la production congolaise, très forte en quantité, et des revenus aussi faibles ? Mystère pour l’instant. Nous avons joint le service de communication du secrétariat général aux Mines, qui a déclaré ne pas être en mesure de donner la réponse à nos questions.

Le processus de Kimberley a été lancé lorsque les États producteurs de diamants d’Afrique australe se sont réunis à Kimberley, en Afrique du Sud, en mai 2000, pour discuter des moyens de mettre fin au commerce des «diamants de conflit» et de garantir que les achats de diamants ne financent pas la violence des mouvements rebelles et de leurs alliés cherchant à saper les gouvernements légitimes.

Il réunit les gouvernements, la société civile et l’industrie au sens large. Le cœur de ce régime est le Système de certification du Processus de Kimberley (SCPK) en vertu duquel les États mettent en œuvre des mesures de protection sur les expéditions de diamants bruts et certifient ces derniers comme étant «exempts de conflit».

Aux termes du SCPK, les participants doivent satisfaire aux «exigences minimales» et établir une législation nationale, des institutions et des contrôles d’importation/exportation ; s’engager à des pratiques transparentes et à l’échange de données statistiques critiques ; négocier uniquement avec d’autres membres qui satisfont également aux principes fondamentaux de l’accord ; et certifier les expéditions comme étant sans conflit et fournir la certification justificative.

Top 10 des producteurs de diamants africains

PaysProduction de diamantsValeur de la production (en dollars)
Botswana25 094 818 carats3 283 millions
Angola9 754 310 carats1 532 millions
République démocratique du Congo8 347 462 carats64,96 millions
Afrique du Sud5 891 885 carats793,95 millions
Zimbabwe4 913 450 carats303,16 millions
Namibie2 385 157 carats1 234 millions
Sierra Leone524 457 carats102,50 millions
Lesotho471 744 carats138,71 millions
Ghana203 000 carats9,7 millions
Tanzanie191 010 carats31,15 millions

Source: Kimberley Process

MULOPWE Wa Ku DEMBA