Détrôné de la deuxième place mondiale des pays producteurs de cuivre par la RDC, le Pérou pourrait, un peu malgré lui, retrouver son piédestal. Au début de cette année, les autorités péruviennes étaient décidées de rattraper et de dépasser le Congo Kinshasa dans la production du métal rouge. Le ministre péruvien de l’Énergie et des Mines, Rómulo Mucho, tempêtait en mars, expliquant que le gouvernement s’attend à ce que le record de production de cuivre soit dépassé en 2024, ce qui implique de dépasser les trois millions de tonnes. Le ministre s’était montré optimiste quant au portefeuille de projets miniers qui verront le jour cette année.
«Peut-être que notre objectif le plus ambitieux cette année est d’atteindre trois millions de tonnes de cuivre, c’est un énorme défi pour le ministère et tous les niveaux de l’État», avait déclaré M. Mucho lors d’une conférence de presse pour l’Association de la presse étrangère de Pérou (APEP), rapporté par le journal économique espagnol El Economista. Le ministre avait également présenté le portefeuille de projets d’investissement minier pour 2024, composé de 51 initiatives avec un investissement de 54,556 millions de dollars, un chiffre qui représente une augmentation de 2,7%, par rapport à ce qui a été enregistré dans la mise à jour de 2023.
Cependant, fin-juillet, la situation du terrain ne laissait pas place à l’enthousiasme de départ. Les sociétés minières opérant au Pérou produiront probablement entre 2,7 et 2,8 millions de tonnes de cuivre cette année, a déclaré la semaine dernière le dirigeant du syndicat des entreprises du secteur, soit un chiffre inférieur à l’objectif gouvernemental de 3 millions de tonnes.
Chute vertigineuse de la production
Víctor Gobitz, président de la Société nationale des mines, pétrole et énergie (SNMPE) et également président-directeur général de la deuxième société minière de cuivre du pays, Antamina, a ainsi donné les nouvelles prévisions de production de cuivre. M. Gobitz a déclaré à nos confrères de Reuters qu’il était urgent de promouvoir les investissements dans le pays afin de ne pas perdre l’opportunité de la demande mondiale de cuivre, qui “croîtrait deux fois plus” au cours des 25 prochaines années. «Cette année, nous allons atteindre 2,7 millions ou 2,8 millions de tonnes, je ne pense pas que nous atteindrons les 3 millions de tonnes projetées par le gouvernement», a-t-il déclaré à la sortie d’un forum sur les perspectives économiques à Lima.
Alors, la RDC, qui a terminé l’année 2023 avec 2 842 022 tonnes de cuivre, peut-elle jubiler et se rassurer de garder sa médaille d’argent des producteurs du métal rouge ? Pas aussi simple que ça. En effet, à fin-juillet, la production congolaise du cuivre se chiffre à 1 289 101 tonnes, alors qu’elle était de 1 578 204 tonnes fin juin de l’année dernière, soit une baisse de 18,32%. La chute de la production est vertigineuse. Pour la même période, le Pérou affichait aussi une production en baisse – mais une baisse plus faible – à 1 511 490 tonnes, soit 2,1% de moins qu’au cours de la même période de l’année dernière. Mais c’est près de 220 tonnes de plus que la RDC.
Sans avoir fourni trop d’efforts dans la production, loin d’atteindre ses objectifs de départ pour cette année 2024, le Pérou est pourtant bien parti pour récupérer sa deuxième face à une RDC qui a vu sa production chuter plus lourdement.
MULOPWE Wa Ku DEMBA







