Il y a une année et demi, la société kazakhe enregistrée au Luxembourg, Eurasian Resources Group, ERG en sigle, voyait la vie en rose en RDC. L’entreprise prévoyait même d’investir 1,8 milliard de dollars dans le développement de ses mines dans le pays (voir https://finance-cd.com/blog/2023/04/26/la-kazakhe-erc-va-injecter-18-milliard-de-dollars-en-rdc-et-en-zambie-pour-doubler-sa-production-de-cuivre-et-cobalt/). C’est en tout cas ce que disait son PDG, Benedikt Sobotka, dans une interview publiée sur le site de cette entreprise spécialisée dans l’exploitation minière et les matières premières. “Les régions comme la RDC qui produisent les matériaux pour les produits électroniques et les véhicules électriques devraient voir une valeur accrue de leurs réserves minérales”, déclarait le PDG. Aujourd’hui, ERG a changé de discours.
Et pour cause : le prix du cobalt est en chute libre depuis début 2024. En effet, en février 2024, le prix de la tonne de cobalt était de 28 500 USD. Il est aujourd’hui à 21 550 USD, diminuant de 6 950 USD/T, soit 24,39 % pendant cette période, selon Trading Economics, pourvoyeur de référence mondiale en matière de données économiques, sur un contrat de différence (CFD) qui suit le marché de référence pour ce minerai. Historiquement, le cobalt a atteint un record absolu de 95 250,00 USD la tonne en mars 2018.
Face à cette réalité, ERG, soutenu par le Kazakhstan, prévoit de réexaminer certains de ses permis miniers en République démocratique du Congo et envisage de vendre des actifs au Mozambique dans le cadre d’une restructuration, a déclaré le directeur général de son unité africaine. Cette refonte vise à réduire les coûts du producteur de cobalt et de chrome, a déclaré Nicolas Treand à nos confrères de Bloomberg au Mining Indaba au Cap la semaine dernière.
Marché mauvais et déprimé
Il a expliqué qu’une surabondance mondiale de cobalt a fait chuter les prix du métal qui sert à fabriquer des batteries à des niveaux historiquement bas.
EVOLUTION DES COURS DU COBALT DE 2024 A 2025

Source : Trading Economics
«Le marché est assez mauvais et assez déprimé et je pense qu’il le sera pendant les deux à trois prochaines années», a déclaré M. Treand. Et d’ajouter : «Ma première priorité est essentiellement de faire le ménage en RDC car nous avons des coûts nettement trop élevés pour maintenir toutes ces licences en RDC en ce moment».
Si ERG n’a pas donné plus de précisions sur le ‘‘réexamen’’ de ses permis en RDC, il apparaît qu’elle veut vendre certaines de ses permis d’exploitation dans le pays. Selon des experts, cette opération offrirait à l’entreprise l’occasion de renforcer ses relations avec le pays et de démontrer son engagement envers les exigences de contenu local. «En travaillant avec le régulateur pour garantir le respect des lois locales, ERG peut instaurer la confiance avec le gouvernement et les communautés locales, ce qui pourrait garantir un accès à long terme aux précieuses ressources minérales du pays», explique un spécialiste cité par le site A Invest. De plus, en investissant dans le contenu local et en soutenant le développement économique local, ERG peut créer un environnement opérationnel plus stable et plus durable pour ses activités en RDC.
Rica MITCH







