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Prévisions des spécialistes battues en brèche, la RDC a eu raison : le prix du cobalt prend de l’envol avec 22% de hausse en deux semaines

La République démocratique du Congo a annoncé le 21 février qu’elle suspendait ses exportations de cobalt pendant quatre mois afin de limiter l’offre excédentaire de ce métal précieux sur le marché international. A cause d’une production excédentaire, le métal bleu a diminué de 1 420 USD/T ou 5,84 % depuis le début de 2025, selon les échanges sur un contrat de différence (CFD) qui suit le marché de référence de cette matière première. Historiquement, le cobalt a atteint un niveau record de 95 250,00 en mars 2018.

Cette mesure peut-elle avoir les effets escomptés ? Dans les milieux miniers, les avis ne sont pas aussi optimistes que cela. Une chose est sûre : la décision récente de la RDC de suspendre les exportations de cobalt ajoute une couche d’incertitude supplémentaire sur un marché déjà volatil. Illustration : Eurasian Resources Group (ERG), troisième plus grande entreprise productrice de cobalt au Congo, n’a pas été en mesure de fournir le stock de cobalt attendu à son usine de batteries, Metalkol, installée au Royaume uni, évoquant un ‘‘cas de force majeure’’.

Cependant, selon les dernières données de Benchmark Mineral Intelligence, l’agence spécialisée dans les données et les renseignements sur le marché des minerais pour la transition énergétique, la décision du gouvernement congolais n’aura pas un grand impact sur les prix. Benchmark note que, début mars, le coût, l’assurance et le fret (CIF) de l’hydroxyde de cobalt pour la Chine restent stables à 5,60 $ la livre, ne montrant aucune réaction immédiate des prix après l’arrêt des exportations.

L’agence estime que le marché de cobalt se trouve dans une situation prolongée d’offre excédentaire, tablant sur une offre du métal bleu de 110 % de la demande en 2025, poursuivant une tendance qui pèse lourdement sur les prix depuis 2022. Se confiant à nos confrères de Metal Tech News, Will Talbot, directeur de recherche chez Benchmark, soutient que la suspension des exportations congolaises n’aura pas «un impact significatif sur l’équilibre entre l’offre et la demande, à moins que de plus grands producteurs comme ERG et Glencore ne cessent leur production».

Notant, au passage, que le plus grand producteur du pays, le chinois CMOC, «peut probablement surmonter la tempête comme il l’a fait en 2023 lorsque son actif TFM a été confronté à une interdiction d’exportation». «Comme il s’agit d’une interdiction d’exportation plutôt que d’un quota de production, cela pourrait simplement augmenter le niveau des stocks et retarder quelque peu l’excédent d’offre», a ajouté M. Talbot. Qui est même d’avis que, «inversement, cela pourrait encourager davantage de producteurs à réduire leur production de cobalt, auquel cas il pourrait y avoir une baisse importante de l’offre qui grignoterait les stocks.»

Ces projections pessimistes du point de vue congolais sont, pour l’heure, contredites par la réalité du marché. Elles sont même battues lourdement en brèche. En effet, deux semaines après la mesure prise par la RDC, les cours du cobalt ont entamé une réelle remontée. Dans la journée du 6 mars 2025, le cours de clôture pour trois mois du London Metal exchange consulté ce jeudi 7 mars 2025 à 15h55 a affiché 26 230 dollars la tonne métrique de cobalt, une hausse de 22% par rapport aux 21 399 USD la tonne métrique le 21 février, jour de la décision du gouvernement congolais. Jusqu’où ira cette embellie ? Nul ne sait. Dans tous les cas, l’évolution des prix montre que le gouvernement congolais a bien eu raison de prendre la décision de suspendre les exportations de cobalt pendant quatre mois, afin de réajuster les stocks sur le marché et pousser les prix à la hausse.

EVOLUTION DES COURS DU COBALT DEPUIS LE 20 FEVRIER 2025

Source : Investing.com

Belhar MBUYI