Abordant le chapitre relatif au dynamisme bancaire, la dernière note de conjoncture de la Banque centrale du Congo qui couvre la période qui va du début de l’année à fin février 2025, relève qu’à la fin du mois de janvier 2025, les dépôts de la clientèle se sont situés à 14.695,4 millions de USD, soit une régression mensuelle de 0,3 %. Et que, pour la même période, les crédits bruts ont baissé de 1,9 % pour se situer à 8.374,06 millions de USD en fin janvier 2025. Des chiffres qui donnent le tournis et sont trop loin de refléter la réalité. Comment la BCC peut s’embrouiller à ce point ?
Selon la note de conjoncture, suivant la monnaie de constitution, les dépôts en devises ont régressé de 0,7 % contre une progression de ceux en monnaie nationale de 4,3 %. De même, les dépôts bancaires restent dominés par ceux en devises, qui représentent 91,0 % du total. En outre, la composition des dépôts par catégorie des déposants reste dominée principalement par les dépôts des entreprises privées et ceux des PME, avec des parts respectives de 33,8 % et 33,1 % du total.
La Note de conjoncture rappelle que l’année 2024 a été marquée par une hausse des dépôts du système bancaire de l’ordre de 22,4 %. «Cette situation découle notamment de la hausse des dépôts des entreprises privées et des ménages». Avant de préciser : «Par ailleurs, d’un mois à l’autre, les crédits bruts ont baissé de 1,9 % pour se situer à 8.374,06 millions de USD en fin janvier 2025. Cette situation résulte principalement de la baisse des crédits octroyés aux ménages et aux entreprises. Quant à la ventilation par monnaie, les crédits bancaires en devises ont enregistré une baisse de 2,4 % alors que ceux en monnaie nationale ont augmenté de 3,6 %. Rappelons toutefois qu’en 2024, les crédits accordés par le système bancaire se sont accrus de 17,3 %. Cette progression tient notamment de la hausse des crédits accordés aux entreprises privées, aux ménages et à l’administration centrale».
Ces chiffres ne reflètent pas la réalité et sont excessivement exagérés et démontrent si besoin en était, la légèreté avec laquelle les agents de la direction des études de la BCC, chargés de la rédaction de la note de conjoncture, travaillent. En moyenne, le total dépôts de la clientèle des banques commerciales n’atteignent pas 20 milliards de dollars américains, et le total de l’encours crédit tourne en moyenne autour de 10 milliards de dollars américains. A titre d’exemple, selon le rapport annuel de la BCC pour l’année 2023, l’encours global des dépôts bancaires a connu une augmentation de 38,4%, atteignant 15,9 milliards USD pour l’année 2023, après une croissance de 3,8% en 2022.
De même, au terme de l’année 2023, l’encours global des crédits bruts à l’économie s’est chiffré à 9,6 milliards USD, soit une croissance annuelle de 71,4% par rapport à 2022. Rapproché au PIB, il a représenté 12,0% du PIB contre 8,6% observé une année auparavant.
Ces chiffres ne sont pas très éloignés de ceux observés en 2024. En effet, à la fin du mois d’août 2024, les crédits à l’économie en RDC sur le marché bancaire ont atteint 8,6 milliards de dollars, selon les statistiques de la même BCC. Comment dès lors la BCC peut soutenir que le total des dépôts de la clientèle est passé à 14,7 milliards USD, et le total de l’encours crédit à l’économie des banques commerciales à 8,4 milliards USD rien que pour le mois de janvier 2025 ? A ce rythme, ces chiffres atteindront quel total à la fin de l’année ?
Notre rédaction a écrit à l’Institut d’émission mais n’a reçu aucune réponse jusqu’à présent.
Aristote KAJIBWAMI







