C’est une ‘‘alerte enlèvement’’ publiée par Me Jackson Kalonji qui a annoncé la nouvelle : Kovo Félix Ingila Bokondo a été enlevé ce lundi 26 mai 2025 aux alentours de 2 heures du matin ‘‘par un escadron d’hommes lourdement armés, certains en tenue militaire, d’autres en tenue civile’’, pour une destination inconnue.
Selon Me Jackson Kaloni qui cite l’épouse de M. Ingila, ceux qui ont amené ce dernier «se sont introduits par effraction dans sa résidence du Quartier Mimosa dans la commune de Ngaliema en détruisant le portail avec un véhicule de type Mercedes communément appelé “Kabasele”».
«Il y a lieu de craindre pour son intégrité physique au regard de la brutalité qui a accompagné son enlèvement devant son épouse et sa famille biologique restées traumatisées», ajoute Me Jackson Kalonji.
La famille et les proches de Kovo Ingila ignorent où il a été conduit et cherchent à le localiser. Des sources familiales affirment qu’un neveu de M. Ingila, mineur d’âge, aurait également été amené lui aussi. Pour l’heure, nul ne connaît les raisons de cette interpellation en pleine nuit.
Ancien cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS, aujourd’hui au pouvoir, élu député national de Kinshasa II Funa en 2011 sur liste ‘‘Soutien à Etienne Tshisekedi’’ (SET en sigle), Kovo Ingila est passé ensuite au MLC de Jean Pierre Bemba dont il est vice-président de l’interfédéral de Kinshasa.
Ses ennuis ont commencé en février dernier après une passe d’armes avec le secrétaire général intérimaire de son parti, Fidèle Babala Wandu. Lors d’une discussion dans un groupe WhatsApp des cadres du MLC, Kovo Ingila avait partagé un lien de Simaro Ngongo, un des communicateurs du mouvement rebelle AFC/M23. En réaction, Fidèle Babala avait réagi en disant son étonnement et en demandant à Kovo Ingila s’il était propagandiste de Nangaa et Willy Ngoma (respectivement coordonnateur et porte-parole militaire de l’AFC). «Jamais de la vie. Je vous donne seulement les informations sur la situation du pays», avait répondu Kovo Ingila.
Selon notre confrère C-News qui avait publié les captures d’écran des discussions en cause au sein du groupe WhatsApp des cadres MLC, dans les jours qui ont suivi ce débat, Kovo Félix Ingila a été convoqué à l’auditorat militaire pour y être entendu sur ses prétendues connexions avec le M23 et Nangaa. Le confrère ajoutait alors que le 14 février, des militaires munis d’un mandat d’amener avaient fait irruption à la résidence de l’ancien député pour l’arrêter.
Depuis lors, la tempête semblait s’être calmée. Jusqu’au rebondissement de ce jour.
Mbuta MAKIESSE







