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le Sénat adopte le budget 2026 fixé à 54 335,7 milliards de CDF sous le signe de la prudence et des engagements avec le FMI

Au terme du processus parlementaire, le Sénat a adopté en plénière, le lundi 15 décembre 2025, le budget de l’exercice 2026 en termes identiques à ceux votés par l’Assemblée nationale, le fixant à 54 335,7 milliards de francs congolais, équivalant à 22,025 milliards USD. Cette évolution traduit les arbitrages opérés dans un contexte de prudence budgétaire et d’alignement avec les équilibres macroéconomiques convenus avec les partenaires internationaux.

Dans sa version initiale, le projet de budget s’établissait à 59 021 milliards de francs congolais, soit environ 20,3 milliards de dollars américains, représentant une progression de 16 % par rapport au budget rectificatif 2025, arrêté à 50 692 milliards de CDF. Une hausse significative, assumée par le Gouvernement comme le reflet des priorités nationales et des engagements structurels en cours.

Le cadrage macroéconomique retenu repose sur un taux budgétaire de 1 USD pour 2 467 CDF, avec une projection à 2 600 CDF en fin de période, conformément aux discussions menées avec le Fonds monétaire international (FMI). Cette hypothèse vise à préserver la soutenabilité des finances publiques tout en tenant compte des pressions persistantes sur le marché de change.

Comparé au budget révisé de 2025, le budget 2026 affiche une hausse globale de 24,4 %, impliquant une augmentation de 7,2 % des dépenses, orientées autour de priorités clairement identifiées. Il s’agit notamment du service de la dette extérieure, des investissements financés sur ressources propres, de la rémunération des agents et fonctionnaires de l’État, de la poursuite des opérations électorales, des opérations de recensement et d’identification de la population, ainsi que du renforcement de la sécurité, dans un contexte national et régional toujours marqué par des tensions.

Au-delà des chiffres, le Gouvernement mise résolument sur un agenda de réformes structurelles pour améliorer la mobilisation des recettes et l’efficacité de la dépense publique. Parmi les axes majeurs figurent la digitalisation des procédures administratives, l’extension de la facture normalisée, la modernisation de la TVA, la mise en place d’un guichet unique pour les microentreprises, ainsi que le renforcement de l’impôt sur le revenu. Autant de mesures destinées à élargir l’assiette fiscale, réduire les fuites et soutenir l’émergence d’un tissu économique plus formel et plus compétitif.

Prévenant toute lecture figée du budget, Judith Suminwa a toutefois rappelé que ce cadrage pourrait être ajusté en fonction de l’évolution du contexte macroéconomique, soulignant la nécessité d’une gouvernance budgétaire souple mais rigoureuse.

Avec l’adoption du budget 2026, la RDC se dote ainsi d’un instrument financier présenté comme un levier de stabilisation, de sécurité et de transformation économique, à l’épreuve des réalités du terrain et des attentes pressantes des populations.

B.M.