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Témoignage d’un courage rare – Sandra Mbuyi : foi, courage et fidélité à l’Évangile

Sandra Mbuyi est une véritable chantre de l’Éternel. Elle touche par la justesse de sa voix, la qualité de ses œuvres et surtout par la profondeur des messages qu’elle porte à travers ses chants.

Je l’ai rencontrée pour la première fois à l’époque où j’étais directeur général d’Afrika TV. Notre animateur Mickys l’avait invitée à l’émission matinale Bonjour Afrika. Avant l’antenne, il me demanda de la recevoir dans mon bureau. Nous avons échangé brièvement sur son parcours, sa foi et son engagement artistique. Déjà, sa clarté d’esprit et la solidité de ses convictions m’avaient marqué.

Puis l’émission commença. Et là, Sandra m’impressionna encore davantage. Le thème du jour était sans détour : « La dîme est-elle une exigence chrétienne ? »
Sa réponse fut nette, assumée, sans détour : NON.

Avec aisance et rigueur biblique, elle expliqua que la dîme, présentée aujourd’hui comme une obligation pour les chrétiens, appartient en réalité à la Loi mosaïque donnée à Israël. Elle était liée au Temple, au sacerdoce lévitique et au système sacrificiel de l’Ancienne Alliance. Or, souligna-t-elle, le Nouveau Testament enseigne que le chrétien n’est plus soumis à cette Loi, puisque le Christ en a accompli toutes les exigences.

Elle alla plus loin : Jésus n’a jamais imposé la dîme à ses disciples, et les apôtres ne l’ont jamais prêchée comme un commandement pour l’Église.
Mieux encore, elle posa une question dérangeante mais légitime : pourquoi les églises qui exigent la dîme au profit des pasteurs — assimilés aux lévites — n’enseignent-elles pas toutes les formes de dîmes prévues dans l’Ancienne Alliance ? Pourquoi ne retenir que celle qui revient intégralement aux pasteurs ?

Elle cita notamment « l’année de la dîme », cette troisième année du cycle septennal où le dixième des récoltes devait être partagé entre les lévites, les étrangers, les orphelins et les veuves. Puis, frappant sa main avec assurance, elle lança cette phrase restée gravée dans ma mémoire : « Si on vous demande la dîme, on vous escroque. »

J’en étais abasourdi. Voir une jeune femme issue du milieu des églises dites de réveil tenir un discours aussi structuré, courageux et assumé relevait presque du miracle.

L’émission étant interactive, les appels affluèrent. Beaucoup pour la féliciter. D’autres, notamment des pasteurs, pour tenter de l’intimider. Sandra ne flancha pas. Elle lança un défi simple : qu’on lui cite un seul verset où Jésus ou ses apôtres exigent la dîme des chrétiens.

Un débat fut alors programmé pour le lendemain entre elle et un groupe de pasteurs. Finalement, ni elle ni eux ne se présentèrent. Plus tard, Mickys m’expliqua qu’elle avait subi de fortes pressions et avait préféré se retirer.

Des années après, j’appris qu’elle s’était mariée à… un pasteur. J’ai sincèrement souhaité que Dieu lui accorde le bonheur auquel elle avait droit.
Aujourd’hui, je prie surtout pour qu’Il lui donne la force et la paix nécessaires pour traverser l’épreuve qu’elle affronte.

Belhar MBUYI