Nation Kasaï-Central : Scandale financier à l’HGR de Bena Leka, le Médecin Directeur...

Kasaï-Central : Scandale financier à l’HGR de Bena Leka, le Médecin Directeur et l’Administrateur suspendus

L’AG suspendu de l’HGR de Bena Leka, Bertin Beya |­­­­ Photo droits tiers

La gestion de l’Hôpital Général de Référence (HGR) de Bena Leka, dans le territoire de Demba, est sous le feu des projecteurs après une série d’audits aux conclusions alarmantes. Cette inspection a conduit à la suspension immédiate du Médecin Directeur, le Dr Kabeya, et de l’Administrateur Gestionnaire (AG), Bertin Beya.

Un trou financier de 48 000 USD

Au centre du scandale : la disparition de 48 000 USD destinés au fonctionnement vital de l’hôpital. Si l’AG Bertin Beya est pointé du doigt comme le cerveau présumé — fort d’un passé trouble à l’HGR de Demba où il avait déjà été évincé pour des faits similaires — l’opinion publique s’interroge désormais sur le rôle du Médecin Directeur.

Le questionnement qui fâche

Comment une somme aussi colossale a-t-elle pu être détournée sans que le Médecin Directeur, premier responsable de la structure, n’en soit informé ? Pour de nombreux observateurs, cette “cécité” administrative cache soit une incompétence grave, soit une complicité passive. Dans le système de gestion hospitalière, la signature du médecin est souvent requise pour les mouvements de fonds importants, rendant son ignorance difficile à justifier.

Falsifications et “Armée numérique”

Pour tenter de couvrir ses traces, l’AG Beya aurait eu recours à des méthodes peu orthodoxes, en usant de la manipulation médiatique : Il aurait obtenu une facture falsifiée de 620 $ auprès d’un journaliste local pour masquer une partie des fonds.

Se sentant traqué par l’administration, l’intéressé aurait financé des relais sur les réseaux sociaux pour vilipender les élus locaux, les accusant de complot politique afin de détourner l’attention de sa gestion.

Vers une reddition de comptes

Aujourd’hui, la population de Demba exige toute la lumière sur cette affaire. Au-delà des suspensions, c’est la traçabilité des fonds de santé publique qui est réclamée. Les autorités provinciales sont désormais attendues sur le terrain judiciaire pour déterminer les responsabilités exactes de chacun dans ce qui ressemble à un pillage organisé de la santé des citoyens.

Stéphane Joël KANDE