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Climat des affaires, industrie extractive, stabilité macroéconomique : L’économie congolaise confirme sa dynamique positive

Le siège de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), le patronat congolais. Le moral des patrons d’entreprises est à l’optimisme|Photo : Droits tiers

L’économie congolaise confirme sa dynamique positive en ce début d’année 2026. Selon les résultats du baromètre de conjoncture publié par Banque centrale du Congo au mois de mars, pour le mois de février, le climat des affaires poursuit son amélioration, porté par un regain d’optimisme des chefs d’entreprise, dans un contexte global pourtant marqué par des incertitudes internationales.

Un optimisme des entreprises en progression

Le solde global d’opinions des opérateurs économiques s’est établi à +41,7 % en février, contre +41,1 % le mois précédent. Une progression modérée, mais significative, qui traduit la confiance croissante du secteur privé quant à l’évolution de l’activité économique.

Cette tendance est principalement soutenue par la bonne tenue de plusieurs branches clés. En tête, l’industrie extractive continue d’afficher des performances solides, avec un solde d’opinions en hausse à +45,0 %. Ce dynamisme s’explique notamment par la bonne orientation des cours internationaux des produits miniers et par les perspectives d’expansion des capacités de production dans certaines entreprises.

Le secteur de la construction n’est pas en reste. Avec un solde porté à +45,9 %, il bénéficie de la poursuite des grands travaux d’infrastructures et d’un regain d’investissements dans les projets immobiliers. Une évolution qui confirme le rôle moteur des Bâtiments et Travaux Publics dans la croissance nationale.

Dans le même sillage, la branche « Électricité et Eau » enregistre une amélioration notable, son solde atteignant +27,7 %. Cette progression reflète une amélioration progressive de la desserte en services de base dans plusieurs zones urbaines.

Des signaux contrastés dans l’industrie et les services

Malgré cette tendance globalement favorable, certains secteurs affichent des signes de ralentissement. L’industrie manufacturière voit son solde d’opinions reculer légèrement à +26,8 %, contre +28,5 % en janvier. Les entrepreneurs restent néanmoins confiants, misant sur la transformation locale des ressources minérales pour stimuler la production à moyen terme.

Même constat du côté des services, où le solde d’opinions fléchit légèrement à +28,9 %. Cette baisse reste toutefois limitée, dans un contexte marqué par la résilience de la demande intérieure et le dynamisme des secteurs financier et des télécommunications.

Une inflation sous contrôle, malgré une légère accélération

Sur le front des prix, la troisième semaine de mars 2026 a été marquée par une légère accélération de l’inflation. Le taux hebdomadaire s’est établi à 0,19 %, contre 0,17 % la semaine précédente. Cette hausse est principalement attribuée à l’ajustement des prix de certains produits de base, dans un contexte international tendu, notamment en raison des incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient.

L’analyse de l’indice des prix à la consommation (IPC) montre que cette évolution est largement portée par la composante « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées », qui contribue à hauteur de 62,70 % à l’inflation globale. Un poids déterminant qui reflète la structure de consommation des ménages congolais.

D’autres postes, tels que le logement et les services énergétiques (13,62 %), les transports (8,14 %) ainsi que les restaurants et hôtels (6,17 %), ont également contribué à la hausse des prix, mais dans des proportions plus modérées.

En revanche, plusieurs fonctions de consommation, notamment l’habillement, la santé, les communications ou encore l’enseignement, sont restées globalement stables.

Une stabilité macroéconomique qui se confirme

En cumul annuel, l’inflation s’établit à 2,12 %, tandis qu’en glissement annuel, elle atteint 2,19 %. Des niveaux nettement inférieurs à ceux observés à la même période en 2025, traduisant une maîtrise progressive des tensions inflationnistes.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte de consolidation de la stabilité macroéconomique, soutenue par une politique monétaire prudente et une relative stabilité du taux de change.

Une dynamique à consolider

Au total, les indicateurs conjoncturels témoignent d’une économie congolaise résiliente, portée par des secteurs clés et un climat des affaires en amélioration. Toutefois, la légère remontée des prix et les incertitudes internationales appellent à la vigilance.

Le maintien de cette dynamique dépendra notamment de la capacité des autorités à préserver les équilibres macroéconomiques et à soutenir la diversification de l’économie, dans un environnement mondial toujours incertain.

Aristote KAJIBWAMI