Les dernières données de l’Institut national de la statistique (INS), reprises dans le Condensé d’informations statistiques n°37 du 16 septembre 2026, montrent une inflation qui reste persistante à Kinshasa. Si le rythme hebdomadaire de la hausse des prix s’est modéré en septembre, l’inflation cumulée depuis le début de l’année atteint déjà 6,924 % à la deuxième semaine du mois.
À Kinshasa, les prix continuent de progresser en 2026, même si le rythme des augmentations varie sensiblement d’une semaine à l’autre.
Les données de l’INS font apparaître une progression régulière de l’indice général des prix. Celui-ci passe de 1 795,13 en première semaine de janvier à 1 914,23 à la deuxième semaine de septembre.
En un peu plus de huit mois, l’indice a donc augmenté de manière substantielle.
Mais c’est surtout l’évolution de l’inflation cumulée qui attire l’attention : elle atteint 6,924 % au 11 septembre 2026, contre 0,271 % à la première semaine de janvier.
Autrement dit, la hausse des prix enregistrée depuis le début de l’année s’est progressivement accumulée pour atteindre près de 7 % à la mi-septembre.
Septembre commence pourtant par un ralentissement
Le mois de septembre apporte cependant un signal de modération.
Après une inflation hebdomadaire de 0,195 % à la cinquième semaine de juillet, les quatre semaines d’août affichent respectivement 0,190 %, 0,207 %, 0,184 % et 0,164 %.
En septembre, le ralentissement devient encore plus visible : 0,148 % à la première semaine ; 0,120 % à la deuxième semaine.
La dernière observation constitue ainsi le niveau hebdomadaire le plus faible depuis plusieurs semaines. Ce ralentissement ne signifie toutefois pas que les prix baissent. Les prix continuent d’augmenter ; ils augmentent simplement moins rapidement. C’est une distinction essentielle dans l’analyse de l’inflation.
L’inflation cumulée poursuit sa progression
Malgré le ralentissement observé en septembre, l’inflation cumulée continue d’augmenter.
Elle passe de : 4,842 % fin juin à 5,642 % fin juillet à 6,639 % fin août à 6,924 % à la deuxième semaine de septembre.
La trajectoire est donc claire : le rythme hebdomadaire se modère ponctuellement, mais la hausse des prix accumulée depuis le début de l’année continue de s’élever. À ce stade, le phénomène inflationniste n’est donc pas résorbé.
Il est plutôt moins rapide à court terme tout en restant élevé en cumul.
Une inflation annualisée toujours autour de 10 %
L’autre indicateur important est l’inflation annualisée.
À la première semaine de janvier, elle s’établissait à 15,451 %. Elle a ensuite diminué progressivement pour atteindre 10,065 % à la deuxième semaine de septembre.
Cette évolution traduit un ralentissement significatif par rapport au début de l’année.
Mais le niveau reste autour de 10 %. L’inflation annualisée passe notamment par : 11,536 % à la cinquième semaine de janvier ; 10,386 % à la quatrième semaine de février ; 9,947 % à la deuxième semaine de mars ; 10,349 % à la quatrième semaine d’avril ; 10,082 % à la quatrième semaine de mai ; 10,119 % à la quatrième semaine de juin ; 10,181 % à la quatrième semaine de juillet ; 10,223 % à la quatrième semaine d’août ; 10,065 % à la deuxième semaine de septembre.
La baisse enregistrée depuis janvier est donc réelle, mais elle semble avoir atteint une zone de stabilisation autour de 10 % depuis plusieurs mois.
Une inflation mensuelle qui reste positive
Les données montrent également que l’inflation mensuelle reste positive. Elle ressort à 2,989 % à la deuxième semaine de septembre, après 3,001 % à la quatrième semaine d’août.
Cette légère diminution ne doit pas être interprétée comme une baisse générale du niveau des prix. Elle signifie simplement que le rythme de progression de l’indice mensuel est légèrement inférieur à celui observé précédemment.
L’indice mensuel passe ainsi de 1 973,29 à la quatrième semaine d’août à 1 970,46 à la deuxième semaine de septembre selon la série présentée.
Cette coexistence de plusieurs indicateurs — inflation hebdomadaire, mensuelle, annualisée et cumulée — montre pourquoi l’analyse de la situation des prix doit éviter de se limiter à un seul chiffre.
L’indice général des prix poursuit sa progression
L’indice hebdomadaire constitue peut-être le signal le plus intuitif de l’évolution récente des prix.
Il passe de : 1 795,13 en première semaine de janvier à 1 914,23 en deuxième semaine de septembre.
Cela représente une augmentation de l’ordre de 6,6 % sur la période, cohérente avec l’inflation cumulée de 6,924 % communiquée dans le tableau, compte tenu des conventions et arrondis statistiques de la série.
La tendance générale reste donc orientée à la hausse.
Le ralentissement observé en septembre ne remet pas en cause la progression accumulée depuis le début de l’année.
Le souvenir de 2025 reste important
La comparaison avec 2025 permet de mieux comprendre la situation actuelle.
À Kinshasa, l’indice hebdomadaire était passé de 1 772,3 en janvier 2025 à 1 853,5 en août, avant une rupture apparente de la série en octobre, lorsque l’indice affiché tombe à 1 777,1.
Cette variation exceptionnelle appelle une interprétation prudente, car elle peut correspondre à une modification de série, de base, de méthodologie ou à un problème de présentation des données.
Il serait donc imprudent de considérer mécaniquement cette chute de -4,560 % comme une baisse effective des prix de cette ampleur sans disposer des notes méthodologiques de l’INS.
Cette prudence est d’autant plus importante lorsqu’on compare plusieurs périodes statistiques.
Ce que disent réellement les chiffres de septembre
Trois enseignements peuvent être tirés des dernières observations. Premièrement, l’inflation hebdomadaire ralentit : elle passe à 0,120 % à la deuxième semaine de septembre.
Deuxièmement, l’inflation annualisée demeure autour de 10 %, malgré le ralentissement enregistré depuis janvier.
Troisièmement, l’inflation cumulée depuis le début de l’année atteint 6,924 %, ce qui signifie que le niveau général des prix a continué de progresser de façon significative.
Il serait donc prématuré de parler d’une véritable baisse de l’inflation. On peut plutôt parler d’une modération du rythme de hausse des prix.
Pour les ménages, la question reste celle du pouvoir d’achat
Derrière les indices statistiques se trouve une réalité beaucoup plus concrète : celle du pouvoir d’achat des ménages.
Une inflation cumulée de près de 7 % signifie que, toutes choses égales par ailleurs, un panier de biens et services coûte davantage qu’au début de l’année. La situation réelle des ménages dépend toutefois de la composition de leurs dépenses et de l’évolution de leurs revenus.
Si les revenus progressent moins vite que les prix, le pouvoir d’achat se dégrade. Si les revenus augmentent plus rapidement, l’effet peut être compensé. C’est pourquoi l’analyse de l’inflation doit être accompagnée de données sur les salaires, les revenus, les prix alimentaires, les transports, le logement et les autres postes de consommation.
Un ralentissement à confirmer
Le signal envoyé par les deux premières semaines de septembre est plutôt celui d’une décélération du rythme immédiat de la hausse des prix.
Mais deux semaines ne suffisent pas pour conclure à un changement durable de tendance.
La question sera de savoir si l’inflation hebdomadaire restera durablement inférieure aux niveaux observés en juillet et en août, et si cette évolution finira par se traduire par une baisse plus nette de l’inflation annualisée.
Pour l’heure, les chiffres de l’INS racontent une histoire plus nuancée : à Kinshasa, l’inflation ralentit, mais les prix continuent d’augmenter.
Avec une inflation cumulée de 6,924 % au 11 septembre 2026 et une inflation annualisée de 10,065 %, la pression sur les prix reste un enjeu majeur de la conjoncture. La baisse de l’inflation hebdomadaire à 0,120 % constitue un signal encourageant de modération, mais elle ne suffit pas encore à effacer la hausse des prix accumulée depuis janvier.
Le véritable test sera donc celui des prochains mois : le ralentissement observé en septembre sera-t-il durable ou ne constitue-t-il qu’une pause dans une tendance inflationniste encore persistante ? Là est la question.
Rica MITSH







