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‘‘L’heure du sursaut est arrivé’’, tonne Moïse Katumbi, qui appelle à la résistance

C’est un Moïse Katumbi martial qui a pris la parole ce mercredi pour s’adresser au peuple congolais. Outre ses souhaits de nouvel an, le président d’Ensemble a remercié la population pour le «vote massif» dont il a été bénéficiaire et n’entend pas trahir son «engagement de changer le Congo», en dépit du «braquage électoral» dont il a été victime «au mépris de l’expression populaire». «Un régime issu de la fraude, de la tricherie et du fait accompli veut s’imposer à nous, il en sera jamais question, absolument jamais. Personne ne s’érigera en complice de cette fraude électorale», déclare-t-il avec un ton grave. L’ancien gouverneur du Katanga dénonce ce qu’il qualifie de régime de «prédation, de la gabegie et de toutes les injustices» qui veut «s’imposer à nous». Il a appelé le peuple congolais à un sursaut citoyen pour résister afin de «reconquérir notre droit le plus légitime, celui de faire échec à la fraude et de reprendre en mains notre destin avec les dirigeants de notre choix».

Ci-dessous l’intégralité de l’adresse de M. Moïse Katumbi au peuple congolais.

‘‘Peuple congolais, tenons bon, restons mobilisés’’

A l’aube de cette nouvelle année, je vous souhaite tous une bonne et heureuse année 2024.

Qui dit nouvelle année, dit résolution personnelle.

Nous venons de vivre ensemble une histoire qui nous lie à jamais. Je vous remercie pour la grande confiance que m’avez manifestée tout au long de ma campagne, où nous avons pu nous parler et dresser des plans d’avenir. Je remercie tous mes alliés pour leur soutien. Et je vous remercie tous pour le vote massif que vous m’avez accordé.

Au cours de nos rencontres, j’ai remarqué que nous voulions tous un avenir meilleur pour nos familles, pour nos enfants. La sécurité pour tous, la santé, les écoles, l’eau, l’électricité, des routes, des ponts, des bacs, de l’emploi, des salaires décents, un logement. Toutes ces choses simples, qui devraient faire la dignité de tout congolais, nous en rêvons. Je n’ai pas oublié les espoirs que vous avez placés en moi, je n’ai pas non plus oublié les exigences sur les qualités de celui qui doit diriger notre pays. Vous me l’avez clairement exprimé. Vous voulez que le pays soit dirigé par des hommes intègres, ayant le sens de la justice et du bien commun.

Vous exigez qu’on vous rende compte, et qu’on vous associe plus étroitement à la gestion du pays tant au niveau national, provincial que local. Lors de cette campagne, j’ai pris vis-à-vis de vous un engagement, celui de changer le Congo. Je n’entends pas le trahir. Depuis le braquage électoral du 20 décembre dont nous sommes tous victimes, nous vivons une énième usurpation de notre souveraineté. De partout, j’entends monter des cris d’indignation, des cris de contestation, des cris de colère, des cris d’exaspération face au mépris de l’expression populaire. Un régime issu de la fraude, de la tricherie et du fait accompli veut s’imposer à nous.

Il n’en sera jamais question, absolument pas question ! A l’aube de cette année nouvelle où cours de laquelle nous aspirons à la paix, à la sécurité, à la stabilité et au développement, nous savons tous que nous ne pouvons jamais bâtir un pays, une nation, un état, sans retrouver notre fierté qui appelle à pouvoir choisir librement nos dirigeants.

Le serment de liberté que nous ont légué les pères fondateurs repose sur les liens sacrés qui doivent exister entre le peuple congolais et ses représentants. Tromper notre peuple ne fait qu’aggraver la lancinante crise de légitimité qui perdure dans notre pays, et nous fait passer à côté de nos grands espoirs.

Mes chers compatriotes,

A vous tous qui porté vos suffrages sur moi, à vous tous qui savez qu’ensemble, un nouveau Congo est possible, je vous fait le serment de ne jamais vous abandonner. Nous entrons dans une nouvelle phase de notre quête de la liberté. Nous devons, ensemble, soustraire, notre pays de mains de la prédation, de la corruption, de la gabegie et de toutes les injustices. C’est pourquoi, avec d’autres compatriotes, avec les forces sociales et politiques éprises de liberté, un sursaut citoyen est nécessaire.

Sauver notre démocratie est devenu plus qu’une priorité. C’est un devoir, et je ne faillirai jamais à mon de voir citoyen. Raison pour laquelle je vous demande de ne pas baisser les bras, de ne pas céder au découragement ni au pessimisme, mais bien au contraire, de reprendre la marche que nous avons engagée ensemble parce que rien n’est fini, tout est encore possible, et ce nouveau Congo, nous y avons droit, et nous ne laisserons à personne le droit de briser le rêve que nous avons de le bâtir ensemble.

Notre Constitution nous invite à nous opposer à tout groupe d’individus qui veut prendre le pouvoir et s’y maintenir en dehors de la volonté du peuple congolais. Pour notre dignité, et l’avenir de nos enfants, nous sommes tenus de souscrire à tous les moyens qu’elle met à notre disposition pour refuser la fraude et l’installation de la dictature.

Peuple congolais, tenons bon, restons mobilisés. Le temps de l’action est venu. Par des actions pacifiques, démocratiques, nous allons résister et reconquérir notre droit le plus légitime, celui de faire échec à la fraude et de reprendre en mains notre destin avec les dirigeants de notre choix.

A nos partenaires et frères africains, les Congolais n’ont-ils pas droit à, des vraies élections ? Dites-moi, dans quel pays au monde, on retrouve des machines à voter entre les mains des candidats du pouvoir, et on se précipite à proclamer et à féliciter un vainqueur aux élections ? Dites-moi le nom de ce pays ! Citez-moi un seul pays au monde où l’on décide de prolonger la période des élections de 11 heures à 6 ou 7 jours, et on se précipite encore pour féliciter le vainqueur ? Citez-moi où l’on proclame le vainqueur sur base des bureaux de vote et des machines à voter dont on ne connaît pas le nombre au jour des élections ?

Personne ne peut s’ériger en complice de cette fraude électorale que nous n’accepterons jamais. Que vive la