FINANCE RDC : Une conjoncture économique stable malgré les vents contraires internationaux

RDC : Une conjoncture économique stable malgré les vents contraires internationaux

Selon la Note de conjoncture de la Banque centrale du Congo au 18 juillet, l’économie congolaise affiche une relative stabilité en ce milieu d’année 2025, malgré les turbulences persistantes sur la scène internationale et les tensions internes liées aux revendications sociales. Soutenue par la vigueur du secteur minier, la croissance économique reste positive, bien que légèrement en retrait par rapport à l’an dernier.

Croissance modérée, inflation sous contrôle

Selon les dernières estimations, le taux de croissance de la RDC devrait atteindre 5,3 % en 2025, contre 6,5 % en 2024. Ce ralentissement s’explique par un contexte international incertain, mais la dynamique des industries extractives continue de tirer l’économie vers le haut.

Côté prix, l’inflation reste maîtrisée. À la troisième semaine de juillet, l’inflation hebdomadaire s’est établie à 0,13 %, en léger recul par rapport à la semaine précédente (0,14 %). En cumul depuis le début de l’année, l’inflation atteint 4,64 %, un net recul comparé aux 8,32 % enregistrés à la même période en 2024. En glissement annuel, le taux est passé de 15,26 % à 7,89 %. Cette évolution s’explique principalement par la baisse des prix dans les catégories clés telles que les produits alimentaires, le logement et les services divers.

Franc congolais : légère dépréciation maîtrisée

Le taux de change reste relativement stable. Au 18 juillet, le dollar s’échangeait à 2.876,52 CDF sur le marché officiel et 2.890,63 CDF sur le marché parallèle. Par rapport à la semaine précédente, le franc congolais s’est déprécié de 0,06 % à l’indicatif et de 0,12 % au parallèle. Depuis janvier, la monnaie nationale a cédé 1,08 % de sa valeur sur le marché officiel, contre 0,82 % sur le marché parallèle — une performance modérée dans un environnement économique tendu.

Le contexte international reste défavorable

Sur le plan mondial, la conjoncture demeure incertaine. Les tensions commerciales se sont accentuées après la décision des États-Unis, le 12 juillet, d’imposer de nouveaux droits de douane à l’encontre du Japon, de la Corée du Sud et de certains pays membres des BRICS. Ce climat protectionniste pèse sur les échanges internationaux, y compris ceux des pays exportateurs de matières premières comme la RDC.

Les cours mondiaux des produits de base, cependant, offrent un tableau contrasté :

  • Le cuivre, principal produit d’exportation du pays, a atteint 9.745 USD/tonne, en hausse de 10,9 % depuis fin 2024.
  • Le cobalt s’est stabilisé à 32.648 USD/tonne, mais affiche une performance annuelle remarquable de +35,8 %.
  • En revanche, le pétrole reste sous pression à 69,7 USD/baril, soit une baisse de 6,4 % depuis fin 2024.
  • Du côté des produits agricoles, les prix du riz, du blé et du maïs ont affiché des baisses cumulées respectives de 8,5 %, 2,4 % et 6,9 % depuis janvier, ce qui pourrait profiter aux importateurs congolais.

Un encadrement prudent à l’interne

Face à cette conjoncture, les autorités monétaires et budgétaires poursuivent une gestion prudente et coordonnée. La Banque Centrale du Congo veille à une régulation stricte de la liquidité, contribuant à contenir l’inflation et à stabiliser le taux de change.

Cependant, certains risques internes persistent. À l’approche de la rentrée scolaire, les revendications salariales des enseignants pourraient exercer une pression supplémentaire sur les finances publiques. De plus, les effets du changement climatique, à la fois sur l’agriculture et les infrastructures, constituent une menace croissante.

Recommandations pour maintenir la stabilité

Pour préserver la trajectoire actuelle, plusieurs recommandations sont formulées par l’Institut d’émission :

  • Maintenir une coordination rigoureuse entre les politiques budgétaire et monétaire ;
  • Renforcer le soutien au secteur agricole, afin de réduire la dépendance alimentaire extérieure ;
  • Moderniser les infrastructures de base pour faciliter la production et attirer les investissements ;
  • Accélérer les réformes structurelles visant à diversifier l’économie, dans un contexte international de plus en plus imprévisible.

La RDC navigue entre résilience interne et incertitudes externes. Si les indicateurs économiques montrent des signes de stabilité, la vigilance reste de mise face aux facteurs de risque mondiaux et aux pressions domestiques. La poursuite des réformes et la diversification économique restent les leviers majeurs pour bâtir une croissance durable.

Belhar MBUYI