ECONOMIE Deal minerais contre sécurité : pendant que la RDC attend, les États-Unis...

Deal minerais contre sécurité : pendant que la RDC attend, les États-Unis accélèrent leur autonomie stratégique

La mine des terres rares Mountain Pass aux Etats-UnisPhoto : Droits tiers

Alors que Kinshasa a sollicité Washington pour un accord « minerais contre sécurité », les États-Unis montrent qu’ils n’ont pas l’intention de rester dépendants des ressources étrangères, même critiques. Avant même la signature éventuelle de ce partenariat stratégique, l’administration américaine lance un vaste programme pour sécuriser en interne l’accès aux minéraux indispensables à son économie et à sa défense.

Sous l’impulsion du secrétaire à l’Intérieur, Doug Burgum, le gouvernement américain vient d’annoncer une série de mesures ambitieuses pour exploiter les métaux critiques — terres rares, lithium, cobalt, uranium — non pas à travers de nouvelles mines, mais à partir des déchets miniers et des sites abandonnés sur les terres fédérales.

Le mot d’ordre : indépendance
L’US Geological Survey (USGS) a été mandaté pour cartographier et inventorier les résidus miniers susceptibles de contenir des métaux stratégiques. Plusieurs gisements prometteurs ont déjà été identifiés, notamment du tellure dans l’Utah, du zinc et du germanium dans l’Oklahoma, ainsi que des terres rares dans les argiles des Appalaches et de l’Illinois.

« Cette initiative reflète notre engagement indéfectible à atteindre l’indépendance minière », a déclaré Burgum, en soulignant que des passifs environnementaux pourraient devenir des atouts économiques. Une série de réformes réglementaires est déjà en cours pour accélérer l’approbation des projets et débloquer des financements fédéraux.

Le secrétaire adjoint par intérim aux Terres et aux Minéraux, Adam Suess, parle d’un tournant stratégique : « Nous voulons libérer tout le potentiel des ressources américaines pour renforcer la sécurité nationale et la croissance économique ».

Cette stratégie s’inscrit pleinement dans la doctrine industrielle de Donald Trump, qui veut faire de la renaissance du secteur minier une priorité de son second mandat. En mars dernier, il avait déjà invoqué la Defense Production Act pour accélérer la transformation locale des minerais stratégiques.

Un revers pour la RDC ?
Cette marche vers l’autonomie des États-Unis pourrait remettre en question l’intérêt immédiat d’un accord avec la RDC, riche en cobalt et autres ressources convoitées. Si Washington parvenait à prouver sa capacité à subvenir à ses propres besoins, la dynamique du deal proposé pourrait basculer. Pour l’heure, aucun engagement officiel n’a encore été signé. Mais le message est clair : les États-Unis veulent reprendre le contrôle de leur destin minier.

Rica MITSH