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Patrick Muyaya et Thérèse Kayikwamba : Le tandem de choc derrière le coup diplomatique de Tshisekedi contre le Rwanda

Félix Tshisekedi a donné l’impulsion, mais la victoire diplomatique congolaise contre le Rwanda porte incontestablement la signature d’un duo stratégique d’exception : Patrick Muyaya et Thérèse Kayikwamba Wagner. À eux deux, ils ont renversé la vapeur dans un conflit longtemps perçu, à tort, comme une simple lutte entre groupes armés. Aujourd’hui, le monde regarde autrement : le Congo est agressé par un État voisin, le Rwanda, et la communauté internationale ne peut plus détourner le regard.

L’homme du récit : Patrick Muyaya, artisan d’un narratif gagnant

Ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya a été le maître d’œuvre de la nouvelle stratégie narrative congolaise. Fin connaisseur des médias et expert du rythme diplomatique international, il a su repositionner le conflit de l’Est comme une agression rwandaise directe, reléguant le M23 au rang de simple marionnette de Kigali.

Avec rigueur et méthode, Muyaya a investi les grandes tribunes, les rédactions internationales, les forums, les débats, pour porter un message clair, structuré et cohérent : la RDC n’est pas en guerre contre des rebelles, mais contre un État qui viole sa souveraineté. Ce narratif, d’abord ignoré, puis observé avec prudence, a fini par s’imposer, suscitant une vague de solidarité inédite en faveur du Congo.

Résultat : des manifestations pro-Congo dans les rues de Paris, Washington ou Berlin, des tribunes d’intellectuels occidentaux dénonçant la duplicité de Kigali, et un climat d’indignation croissante contre le Rwanda dans les cercles diplomatiques.

La stratège discrète : Thérèse Kayikwamba Wagner, la diplomate de rupture

Mais ce travail aurait été inachevé sans Thérèse Kayikwamba Wagner, nommée au ministère des Affaires étrangères. Discrète mais redoutablement efficace, elle a su traduire le discours de Muyaya en actes diplomatiques concrets. Dans les coulisses des chancelleries, dans les réunions bilatérales et les forums multilatéraux, elle a plaidé, expliqué, convaincu. Elle a neutralisé les contre-arguments, anticipé les résistances, et surtout, dépouillé le Rwanda de son aura post-génocide qui lui valait jusque-là l’indulgence de nombreux partenaires occidentaux.

Kayikwamba a surtout réussi un coup de maître : faire condamner Kigali sans que la communauté internationale n’exige en retour que Kinshasa rompe avec les FDLR, longtemps instrumentalisés comme un contre-poids diplomatique par le Rwanda.

Un retournement spectaculaire orchestré à deux

Grâce à ce tandem, les positions internationales ont basculé en un temps record. Le Canada, allié traditionnel du Rwanda, a suspendu ses relations commerciales et diplomatiques. La Belgique a durci le ton. Les États-Unis ont sanctionné un haut responsable militaire rwandais, James Kabarebe, pour son rôle dans le soutien au M23. Le Royaume-Uni a gelé son aide bilatérale, annulé ses missions commerciales, et suspendu sa coopération militaire avec Kigali. Même le Conseil de sécurité de l’ONU, souvent prudent, a voté à l’unanimité une résolution condamnant clairement l’action militaire rwandaise sur le sol congolais.

Un président, une vision, un duo de combat

Au final, c’est Félix Tshisekedi qui a fixé la ligne et tenu le cap, mais ce sont Patrick Muyaya et Thérèse Kayikwamba Wagner qui ont transformé la vision présidentielle en réalité diplomatique. Ensemble, ils ont déconstruit un récit occidental favorable au Rwanda, et bâti une vérité nouvelle : celle d’un Congo agressé, digne, et déterminé à se défendre.

Là où Kigali maîtrisait jadis l’art de la communication et de la diplomatie de l’influence, Kinshasa a su riposter avec ses propres armes. Le choc est rude. Le Rwanda vacille. Et le monde découvre un Congo nouveau, résolu et stratégique.

Le tandem Muyaya–Kayikwamba, c’est l’arme douce de Félix Tshisekedi. Celle qui a frappé fort, sans tirer un seul coup de feu. A l’heure où l’on parle remaniement, ils sont les deux ministres les plus réclamés par l’opinion publique.

Mbuta MAKIESSE