POLITIQUE Affaire AFDC : le VPM Jacquemin Shabani accusé de perpétuer les mauvaises...

Affaire AFDC : le VPM Jacquemin Shabani accusé de perpétuer les mauvaises pratiques de l’ère Kabila

Le VPM/Intérieur Jacquemin Shabani Lukoo (à g.), et le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, président de l’AFDC|Photo : Montage Finance-cd.com

Les partis politiques relèvent du domaine privé. L’AFDC a organisé son congrès ordinaire le 15 mars, au cours duquel le leadership de Modeste Bahati Lukwebo a été confirmé à la tête de la formation. Le congrès étant l’organe suprême du parti, ses décisions devraient s’imposer. Pourtant, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani Lukoo, refuse de valider ces résolutions, invoquant l’existence d’une opposition. Mais de quelle opposition s’agit-il ? Celle d’un groupe dissident ayant mis en place un prétendu « comité de crise », structure illégale car non prévue par les statuts du parti.

En agissant ainsi, M. Shabani s’écarte clairement de ses obligations légales, puisqu’il lui revient d’entériner les décisions issues des instances du parti. Plus surprenant encore, ce comportement émane d’un ministre issu de l’UDPS, reproduisant des méthodes autrefois dénoncées sous le régime de Joseph Kabila, méthodes qui avaient pourtant suscité de vives critiques de la part de l’opposition de l’époque. «Comment un ministre issu de rangs de l’UDPS peut se comporter de la sorte ? C’est à n’y rien comprendre», déclare un député d’un parti de l’Union sacrée.

Le régime kabiliste était en effet souvent accusé d’instrumentaliser certains partis politiques en imposant des dirigeants acquis à sa cause, au détriment des responsables légitimes. Ce fut le cas du Mouvement social pour le renouveau (MSR) de Pierre Lumbi, retiré à ses dirigeants pour être confié à un groupe dissident dirigé par François Rubota. Une situation similaire avait touché l’Avenir du Congo (ACO) de Dany Banza, fragilisé avant d’être attribué à Patrick Bologna, proche du pouvoir de l’époque.

Aujourd’hui, l’UDPS, en tant que parti au pouvoir, est attendue sur une rupture avec ces pratiques du passé. La déstabilisation de l’AFDC dirigée par le professeur Modeste Bahati Lukwebo ne servirait en rien l’intérêt du pays. Le respect des partenaires politiques devrait également se traduire par la reconnaissance de leurs choix internes. C’est aussi cela le respect de l’Etat de droit auquel tient le chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi.

B.M.