Le groupe minier chinois CMOC et son partenaire congolais, l’entreprise publique Gécamines, sont parvenus à un “consensus sur la question des redevances “sur l’exploitation de Tenke Fungurume’’. C’est ce qui ressort d’un communiqué signé le mercredi 19 avril dernier de Monsieur Yuan Hong Lin, président de la société, et du document que ce dernier a transmis le même jour à la Bourse de Hong Kong. Cette solution à l’amiable va permettre de débloquer les exportations de joint-venture Tenke Fungurume Mining – TFM, une source majeure de cuivre et l’une des plus grandes mines de cobalt au monde – gelées par le gouvernement congolais depuis juillet 2022 à cause d’un litige sur les royalties. En effet, la Gécamines accusait CMOC d’avoir menti sur ses réserves minérales et réclamait 7,6 milliards de dollars de redevances et d’intérêts. Rien moins !
Le groupe chinois CMOC a déclaré le 19 avril qu’il était parvenu à un consensus sur le paiement des redevances autour de son projet de cuivre-cobalt en République démocratique du Congo avec la société minière publique Gécamines, améliorant encore l’accès de la Chine aux matières premières essentielles à la transition énergétique.
Revisiter les contrats
CMOC est le deuxième producteur mondial de cobalt et détient une participation de 80% dans le projet de minier de cuivre-cobalt de TFM, dans la province de Lualaba, au sud de la RDC. La société d’État congolaise Gécamines détient les 20 % restants du projet. Le président Félix Antoine Tshisekedi ayant décidé de revisiter les contrats miniers signés à l’époque par son prédécesseur Joseph Kabila, le projet TFM a été bloqué au troisième trimestre 2021, et plus tard en juillet 2022, quand CMOC s’est vu interdire de procéder à toute exportation des minerais après que l’entreprise n’a pas été en mesure de parvenir à un accord avec la Gécamines.
CMOC a alors mené des discussions avec des parties au Congo à partir du troisième trimestre de 2021 pour augmenter les réserves minières et les paiements de redevances correspondants à son actionnaire minoritaire pour le projet TFM. Mais les exportations de TFM ont été restreintes à partir du troisième trimestre 2022, selon le rapport annuel de CMOC. Ce qui aurait, selon les chiffres de CMOC, occasionné un manque à gagner de 150 000 tonnes de cuivre et 15 000 tonnes de cobalt. La société chinoise a continué ses démarches au plus haut niveau de l’Etat congolais. Le 7 novembre 2022, son président avait même rencontré le Premier ministre congolais Jean Michel Sama Lukonde à Kinshasa.
Exigences de transparence
Mais M. Yuan Hong Lin n’a pas donné la hauteur des redevances que sa société entendait payer à la Gécamines qui, elle, réclamait 7,6 milliards de dollars américains. Le communiqué de CMOC s’est contenté d’un laconique «pour plus de détails sur la question des redevances de TFM, veuillez-vous référer au contenu de divulgation pertinent du Rapport annuel 2021, du rapport intermédiaire 2022 et l’annonce des résultats annuels de l’exercice clos le 31 décembre 2022 de la Société». Sans autre précision.
Nous avons essayé sans succès de joindre le ministère congolais des Mines pour obtenir plus de détails sur cette question – le numéro de contact affiché sur le portail du ministère demeurant désespérément éteint. Mais un cadre du secrétariat général aux Mines nous a confié ne pas être au courant, à ce stade, du montant convenu entre les deux parties. Cependant, a-t-il renchéri, conformément à un décret signé naguère par le Premier ministre Adolphe Muzito et par respect des exigences de transparence de l’ITIE – Initiative de transparence dans les industries extractives – ‘‘tous les détails en seront donnés très bientôt.’’
Projet TFM
Afin d’explorer davantage les riches ressources, d’augmenter la production de cuivre-cobalt et de réduire les coûts d’exploitation du projet TFM, CMOC a annoncé en août 2021 qu’il investirait 2,51 milliards de yuans (365 millions de dollars) pour construire trois gammes de produits avec une capacité totale de traitement du minerai de 12,4 millions de tonnes/an.
CMOC a déclaré que ces gammes de produits devraient être mises en service en 2023. La mine TFM devrait voir une augmentation d’environ 200 000 t/an et 17 000 t/an de la production de cuivre et de cobalt respectivement, une fois que ces gammes de produits auront atteint la capacité prévue.
TFM a des réserves de cuivre de 7,89 millions de tonnes avec une teneur moyenne de 2,84%, tandis que les réserves de cobalt sont estimées à 822 600 tonnes, selon CMOC. La mine maintient une routine de production normale depuis 2022 malgré le différend, la production de cuivre et de cobalt augmentant de 21,6 % et de 9,7 % en glissement annuel pour atteindre respectivement 254 286 tonnes et 20 286 tonnes, selon le rapport annuel de CMOC.
Ci-dessous le communiqué de la société CMOC.
Belhar MBUYI









