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La réglementation minière de la RDC saluée en Afrique du Sud comparée à celle du pays

«Il existe une grande différence dans l’environnement réglementaire entre l’Afrique du Sud et la RDC». L’homme qui parle n’est pas n’importe qui, c’est Zhiyu Fan, PDG de Nkwe Platinum Limited, filiale à 100 % du Zijin Mining Group, société minière chinoise aux 39,3 milliards de chiffre d’affaire. Nkwe Platinum Limited est titulaire d’une part indivise de 74 % du droit minier concernant la mine de platine Zijin Garatau, qui appartient à la multinationale chinoise Zijin Mining et qui a promis plus de 700 millions de dollars à la récente conférence sur l’investissement SA, a déclaré que l’Afrique du Sud doit améliorer son environnement réglementaire, citant son projet Garatau dans le Limpopo, qui a mis sept ans à démarrer.

En effet, le groupe minier chinois utilise l’Afrique du Sud et la République démocratique du Congo depuis 2014 comme tremplin pour élargir sa portée en Afrique, qui est dotée de minéraux verts très demandés alors que le monde cherche à passer à un avenir sans carbone en abandonnant progressivement les carburants fossiles. «Alors que le projet Garatau sortait encore des starting-blocks, la mine de cuivre de Kolwezi en RDC était bien en pleine production, indiquant la divergence de l’environnement réglementaire entre les deux pays», a ainsi déclaré M. Zhiyu Fan.

Le département des mines, des ressources et de l’énergie d’Afrique du Sud a souvent été critiqué pour avoir pris trop de temps pour accorder les demandes de prospection et de droits miniers, ainsi que les transferts de droits miniers, qui se produisent lorsque les entreprises s’engagent dans des transactions. A titre d’exemple, les demandes de droits de prospection peuvent prendre plus de 300 jours ouvrables pour être accordées en Afrique du Sud, et environ 40 jours en moyenne en RDC et au Botswana voisin. «L’une des raisons est que l’Afrique du Sud ne dispose pas d’un système efficace de gestion numérique des droits miniers», soutient M. Zhiyu Fan.

L’on note ainsi une énorme arriérée de plus de 2 000 dossiers non traités depuis plusieurs années maintenant, ce qui signifie que les entreprises ne peuvent pas faire avancer les projets d’exploration ou de construction de mines.

Labyrinthe des défis réglementaires

De nombreux critiques soutiennent que le système d’administration des ressources minérales de l’Afrique du Sud, où les demandes de droits en vertu de la législation minière peuvent être soumises par voie électronique, ne fonctionne pas de manière optimale. Le niveau de discrétion et d’ingérence humaine dans le système existant de traitement des droits miniers est cité comme un autre problème.

Dans ses réponses par e-mail aux questions posées par plusieurs journalistes, Zhiyu Fan a déclaré plus tôt cette semaine que la navigation dans le “labyrinthe des défis réglementaires” avait retardé le projet de 13 milliards de rands – 706 millions de dollars US – dans la province de Limpopo, qui positionnera la mine parmi les 10 meilleurs producteurs de platine au monde une fois qu’elle atteindra sa pleine production.

Entre-temps, la mine de Kolwezi en RDC, qui appartient à la même multinationale chinoise a produit plus de 529 800 tonnes de cuivre, fournissant plus de 2 000 emplois aux populations locales depuis son lancement officiel en 2017, après l’investissement réalisé en 2014. «Les différences dans le climat réglementaire de l’AS, par rapport à d’autres pays africains, sont surprenantes», selon Fan.

Qui ajoute que Kamoa Copper en RDC est sur le point de devenir la deuxième plus grande mine de cuivre au monde dans un proche avenir, après que Zijin se soit associée au gouvernement et à deux autres sociétés minières dans le cadre d’un accord datant de 2016. «La mine de Kamoa a versé environ 600 millions de dollars en taxes et redevances à la RDC à ce jour», indique Fan.

L’Afrique du Sud, quant à elle, cherche à mobiliser 108 milliards de dollars d’investissements au cours des cinq prochaines années dans une initiative défendue par le président Cyril Ramaphosa après avoir réussi à dépasser l’objectif de 60 milliards de dollars lors de la première phase de la campagne d’investissement. Mais elle doit améliorer sensiblement son climat réglementaire afin de permettre aux investisseurs de réaliser rapidement leurs projets.

Aristote KAJIBWAMI