Le chef de l’exécutif de Hong Kong John Lee (à droite) rencontre le président de la République démocratique du Congo Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo au Government House. Photo : Droits tiers.
Le président congolais Félix Tshisekedi a conclu lundi 29 mai une visite de deux jours dans la ville par une rencontre avec le gouverneur John Lee Ka-chiu, au cours de laquelle le dirigeant de Hong Kong a souligné le rôle du centre financier dans l’initiative chinoise “la Ceinture et la Route”, (Belt and Road Initiative, BRI), démonstration la plus audacieuse des ambitions économiques, diplomatiques et stratégiques mondiales de la Chine, projet commercial phare actuellement dans sa 10ème année. «En vertu du principe” un pays, deux systèmes “, Hong Kong récolte également les avantages uniques de bénéficier d’un soutien national solide tout en maintenant une connectivité inégalée avec le monde», a déclaré le gouverneur Lee à son hôte, faisant référence au cadre dans lequel la ville est gouvernée.
«La ville est bien placée pour servir de lien clé pour la RDC et d’autres pays africains afin de promouvoir conjointement le développement de l’initiative “la Ceinture et la Route”», a-t-il ajouté. Le chef de l’exécutif de Hong Kong a également déclaré que la ville avait maintenu des relations commerciales cordiales avec la RDC, avec une croissance annuelle moyenne de 12% au cours des cinq dernières années du commerce total des marchandises. Il a ajouté qu’il voyait un bon potentiel pour renforcer davantage la coopération commerciale entre les deux entités.
60% du cobalt chinois
La visite de Félix Tshisekedi dans la ville était la dernière étape de son premier voyage en Chine, le plus grand partenaire commercial de la RDC. Il s’est rendu à Pékin, Shanghai et Shenzhen la semaine dernière. Dans une déclaration conjointe vendredi, Pékin et Kinshasa ont convenu de faire évoluer les relations bilatérales vers un partenariat de coopération stratégique global, le plus haut niveau de relations en Chine.
David Sit Kwun-nam, économiste principal adjoint au Trade Development Council, a déclaré chez nos confrères du Post, un quotidien de Hong Kong, que la ville jouait un rôle important dans le renforcement des services aux entreprises chinoises cotées à Hong Kong qui avaient des investissements croissants dans le secteur minier en RDC, le deuxième plus grand d’Afrique.
«La sécurisation du cobalt est stratégiquement importante dans la poursuite par la Chine de ses objectifs de zéro net», a-t-il déclaré. Ajoutant : «Le renforcement des services financiers et professionnels de Hong Kong, tels que le conseil et l’arbitrage, à ces entreprises [chinoises] peut les aider à relever les défis en Afrique.» Dans un sens plus large, a-t-il déclaré, le rôle de Hong Kong en tant que porte d’entrée pourrait également stimuler les progrès en matière de commerce et d’investissement dans le cadre de l’initiative “la Ceinture et la Route”.
La RDC fournit plus de 60% du cobalt chinois, un composant clé des batteries pour véhicules électriques et électroniques. Selon des informations de l’Observatoire de la complexité économique, une plateforme de visualisation et de distribution de données en ligne, les importations chinoises de cobalt en provenance de la RDC ont augmenté de 191 % entre 2015 et 2020.
Modèle de résilience et d’ambition
Dans les derniers accords signés entre Tshisekedi et le président chinois Xi Jinping figure une entente pour évaluer régulièrement la coopération minière après que les contrats précédents ont été considérés comme “mal négociés”. En effet, en échange de cobalt et de cuivre, les entreprises chinoises ont accepté d’investir 3 milliards de dollars dans un projet minier dans la province riche en minéraux du Katanga, ainsi que 3,2 milliards de dollars dans les infrastructures en général.
Selon un chercheur au Programme de recherche économique sur la Chine de l’Université de Lingnan, M. Hung Wing-lok, Félix Tshisekedi est intéressé par les opportunités économiques potentielles dans la région de la Grande Baie. Citant l’Agenda 2063, un cadre formulé par l’Union africaine pour transformer le continent en une puissance mondiale, il a déclaré que la santé et l’éducation figuraient parmi les principaux domaines d’intérêt.
La Grande baie constitue un modèle de résilience et d’ambition économique qui peut inspirer d’autres pays. En effet, afin de faire face aux pressions externes et aux incertitudes, les autorités et les entreprises de Hong Kong cherchent à augmenter l’efficacité logistique, tout en accélérant l’intégration dans la région de la Grande Baie qui comprend Guangdong, Hong Kong et Macao. Les technologies des mégadonnées et de l’intelligence artificielle, dans lesquelles les trois régions coopèrent avec les douanes en ligne de Zhuhai pour analyser les informations logistiques et renforcer l’efficacité du dédouanement, permettront d’aider les PME à saisir les opportunités des nouvelles ‘‘Routes de la soie’, projet stratégique chinois visant à relier économiquement la Chine à l’Europe en intégrant les espaces d’Asie Centrale par un vaste réseau de corridors routiers et ferroviaires. Hong Kong doit notamment saisir cette grande opportunité des nouvelles Routes de la soie et jouer le rôle de passerelle pour le commerce et l’investissement entre la partie continentale de la Chine et les pays et régions impliqués dans l’initiative.
MULOPWE Wa Ku DEMBA







