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Programme électoral : l’ambition Katumbi à 141 de milliards USD pour transformer le Congo

Le parti Ensemble pour la République a présenté ce lundi 13 novembre 2023 le programme électoral de son candidat à la présidentielle de décembre prochain, M. Moïse Katumbi Chapwe. L’événement a eu lieu dans le cadre de la salle Perle de l’église sainte Anne dans la commune de la Gombe, à Kinshasa. En l’absence de M. Katumbi lui-même et du secrétaire général Dieudonné Bolengetenge empêchés, c’est le député et haut représentant du parti pour le Grand Katanga, Christian Mwando Nsimba Kabulo qui a procédé à la présentation de ce programme dans une salle remplie de journalistes et de cadres d’Ensemble. Le moins que l’on puisse dire est que Moïse Katumbi affiche une grande ambition pour le Congo, avec un programme qui se veut à la fois pragmatique et précis, avec le total du financement pour sa réalisation – 141 milliards dollars américains –, ainsi que les sources de moyens quant à ce.  

Concernant le cadre macroéconomique dans lequel il compte inscrire la réalisation de son programme au cours de prochaines années, Moïse Katumbi Chapwe propose de poursuivre un objectif global (2024-2028) de maintien et de stabilisation d’une forte croissance du produit intérieur brut (PIB) réel autour de 12% par an en moyenne, essentiellement tirée par le secteur primaire (mines et agriculture : 42%), le secteur secondaire (infrastructures et énergie : 32%) et le secteur des services (télécommunications, commerce, transport, industries culturelles et créatives, transport et tourisme : 24%).

Plus précisément, le président d’Ensemble vise une croissance du PIB réel de 10,5%, 11,8%, 12,6%, 13,0% et 14,0% respectivement en 2024, 2025, 2026, 2027 et 2028. «En ce sens, l’économie congolaise passera de 74,8 milliards d’USD courants en 2024 à 121,3 milliards d’USD courants en 2028. Le taux d’investissement global passerait de 17,6% du PIB en 2024 à 29% en 2028, avec une moyenne de 23,8% du PIB par an, conduit par des investissements publics importants en 2024 et 2025. Ces derniers jetteront les bases pour des investissements privés importants à partir de la troisième année de mise en œuvre du Programme», a soutenu M. Christian Mwando.

Augmenter la production intérieure

Sur la même période, le taux d’inflation se situera à 6% en moyenne en glissement annuel. «Au cours de la période, nous allons maintenir une croissance de la masse monétaire au sens large autour de 29% en moyenne annuelle dont le crédit au secteur privé devrait être le multiplicateur important. En effet, le taux moyen de croissance du crédit au secteur privé devrait se situer autour de 25% pendant toute la période couverte par le Programme. Enfin, nous projetons la réduction substantielle des importations, surtout des produits alimentaires, avec l’augmentation de la production intérieure consécutive à la transformation structurelle de l’économie congolaise, notamment dans le sous-secteur de l’agroalimentaire. Nous projetons une balance des paiements globale de 2,5% du PIB en moyenne au cours de la période», a renchéri le représentant de Moïse Katumbi.

Qui estime que ces projections de la croissance économique sont réalistes au vu des potentialités inexploitées dont regorge la RDC, d’autant plus que dans la région Afrique, certains pays africains ont pu atteindre ces niveaux avec beaucoup moins de ressources tant naturelles qu’humaines. En effet, poursuit-il, les projections du FMI (mars 2023), plusieurs pays africains devraient connaître une croissance de plus de 5,5% en moyenne en 2023-2024. «Il s’agit notamment de la Libye (12,9%), du Niger (9,6%), du Sénégal (9,4%), alors que la croissance la RDC est estimée à 8,0% au cours de la même période, dans les conditions actuelles», soutient l’orateur du jour.

Le financement du Programme, pour sa part, est estimé à 141,5 milliards d’USD pour cinq ans. La part des dépenses courantes s’élève à 94,4 milliards USD et celle de l’investissement public à 47,1 milliards d’USD. «Mon gouvernement mobilisera 113,9 milliards d’USD à titre de revenus internes. Ce niveau de recettes sera soutenu par la transformation structurelle de l’économie congolaise. Les dons se situeront autour de 8,5 milliards d’USD dans le cadre des différents programmes avec les bailleurs de fonds. Le besoin du financement global se situe à 19,1 milliards d’USD sur toute la période», écrit Moïse Katumbi.

Agenda de transformation de la RDC

Pour réaliser ce programme ambitieux, le budget de l’État devra passer de 20,04 milliards d’USD en 2024 à 37,7  milliards d’USD en 2028, avec une moyenne annuelle de 28,3 milliards d’USD. «Ce budget sera soutenu par une pression fiscale de 23,4 % en moyenne pendant la période d’exécution du Programme. En effet, la pression fiscale passera de 20,5 % en 2024 à 26,8 % en 2028», enchaîne-t-il.

Afin d’atteindre cet objectif, le candidat-Président Katumbi mise sur un agenda de la transformation de la RDC qui s’articule autour de quatre piliers qui constituent des transformations majeures visant l’amélioration des conditions de vie de sa population. Il s’agit : de transformations institutionnelles ; de la transformation structurelle de l’économie ; des transformations sociales ; et des transformations durables. Ces transformations visent, entre autres, de ramener la stabilité et la sécurité en mettant fin à la guerre dans l’Est de la RDC ; de transformer l’économie congolaise en créant des emplois, en soutenant les petites entreprises et en réduisant le coût de la vie ; et d’améliorer les services publics pour tous, y compris l’accès à l’éducation et aux soins de santé.

Il s’agira aussi, selon M. Katumbi, de restaurer la crédibilité du Parlement et du Palais de la Nation en combattant de manière objective la corruption et le gaspillage des ressources disponibles. Bien plus, il faudra faire une rupture avec une politique dominée par ceux qui sont déconnectés des aspirations et des besoins de la majorité des citoyens congolais, notamment les jeunes et les femmes, sachant que la plupart de nos compatriotes ont moins de 25 ans. «Cela se fera à travers un gouvernement efficace et représentatif qui sera à leur écoute. Ensemble pour la République, face au chaos politique actuel, produit du replâtrage des méthodes de gestion qui avaient mis le pays à genoux, se propose d’amener un nouveau souffle à travers de profondes réformes dans toutes les institutions, afin de booster tous les secteurs de la vie nationale», soutient Moïse Katumbi Chapwe. Pour qui la RDC est actuellement «gérée par des approches archaïques, en déphasage avec l’évolution du monde. Il faut donc réformer entièrement l’appareil institutionnel, administratif, sécuritaire, économique… à travers des approches nouvelles».

Pour une RDC industrialisée

La transformation structurelle de l’économie prônée par M. Katumbi vise, entre autres, à résoudre la question de l’emploi des jeunes ; à mettre fin à la persistance depuis plusieurs décennies d’une croissance toujours non inclusive ; à inverser la mécanique d’accroissement des pauvres ; industrialiser le pays, en améliorant la production, la productivité et la compétitivité des produits agro-pastoraux afin d’assurer la sécurité alimentaire, augmenter le revenu des producteurs et du gouvernement, et améliorer la balance commerciale agricole en réduisant les importations et en augmentant les exportations. Par la même occasion, il s’agira, selon M. Katumbi, de créer un tissu industriel compétitif et dynamique afin de permettre au pays de mieux se positionner sur la chaîne de valeur mondiale, qui est une source majeure de richesse et de création d’emplois décents. Cet objectif s’engage résolument, dans la durée et dans la cohérence, pour une RDC industrialisée et respectueuse de l’environnement, au service des besoins fondamentaux des Congolais.

Sur le même créneau, le président d’Ensemble pour la République compte attirer les investisseurs étrangers et nationaux afin de créer des industries autour des zones économiques spéciales. M. Katumbi compte également assurer au pays une meilleure couverture en électricité par la construction des centrales hydroélectriques dans plusieurs provinces, ainsi que la fourniture de l’eau potable aux populations congolaises.

Un accent sera mis sur la réalisation à hauteur de 70% du programme d’investissements publics et privés du programme avec un accent particulier sur la réhabilitation et la construction des routes de desserte agricole, des routes d’intérêt national et régional – plus de 5.000 Km de routes à bitumer – et des infrastructures énergétiques.

Tableau : cadre macroéconomique du programme électoral de Moïse Katumbi Chapwe

Aristote KAJIBWAMI