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La Tanzanie va vendre 500.000 tonnes de maïs à la RDC pour enrayer la pénurie au Katanga

Un paysan tanzanien dans une plantation de maïs. Photo : Droits tiers

La pénurie de la farine de maïs – produit d’alimentation de base – perdure dans les provinces issues de l’ancien Katanga et dans celles issues du découpage des ex-Kasaï oriental et occidental. Depuis avril 2003, ce qu’il est convenu d’appeler ‘‘la crise du maïs’’ bat son plein dans les provinces de l’ex-Katanga. Avec comme entre autres conséquences les prix qui prennent la fâcheuse habitude de galoper comme un cheval fou. Bonne nouvelle cette année : la semaine dernière, la National Food Reserve Agency (NFRA, en Français : Agence nationale des réserves alimentaires) de Tazanie a signé un accord avec la société Quincy, basée à Lubumbashi, pour la vente de 500 000 tonnes de maïs à la RDC.

Les gouvernements provinciaux des provinces issues du démembrement de l’ancien Katanga sont dépassés et ne savent pas à quel saint se vouer, et le gouvernement central aussi, qui ne sait plus quelles graines brouter. Le 3 mai, c’est une dizaine de ministres du gouvernement central, le cinquième de l’exécutif national, qui avait été dépêché en Zambie et en Afrique du Sud pour ‘‘s’imprégner de la situation de la hausse des prix de la farine de maïs’’ dans la partie centrale et sud du pays.

Une année plus tard, la crise est toujours là. Mais des opérateurs économiques ont pris le devant. D’où la signature de ce contrat qui va permettre la vente par la Tanzanie de 500.000 tonnes à son voisin de l’ouest.

Selon Gerald Mweri, secrétaire permanent du ministère de l’Agriculture cité par nos confrères tanzaniens de IPPmédia, dans le cadre de ce contrat, la Tanzanie va livrer 200.000 tonnes de maïs dans la première phase, et 300.000 tonnes dans la deuxième phase, sans donner des précisions sur les dates auxquelles ces phases seront mises en œuvre.

Le gouverneur du Haut Katanga, Jacques Kyabula Katwe, saluant le ministre tanzanien de l’Agriculture Hussein Bashe. Photo : Droits tiers

Gratitude

M. Mweri a déclaré qu’ils avaient lancé la coopération pour le commerce des cultures comme l’une des stratégies mises en place pour devenir le centre de la production alimentaire en Afrique. «Nous avons commencé à vendre ces tonnes parce que nous avons des réserves alimentaires dans nos entrepôts et nous avons déjà ouvert 14 centres de collecte des récoltes dans le pays», a-t-il expliqué.

Il a, en outre, expliqué que le gouvernement a mis de côté 300 millions de dollars pour acheter 300 000 tonnes de cultures vivrières et que lorsque la saison commencera, la NFRA commencera à collecter les récoltes.

Hormis la RDC qui achète du maïs à la Tanzanie, d’autres pays ont manifesté leur intérêt à faire de même dans un avenir proche, a-t-il indiqué.

De leur côté, les congolais ont remercié ont tenu à marquer leur gratitude vis-à-vis des dirigeants tanzaniens. Ainsi, le directeur général de la société Quincy, Jesse Yuma, a remercié le gouvernement tanzanien d’avoir accepté de signer l’accord de commerce de produits alimentaires. Il a également félicité le ministère de l’Agriculture pour avoir coordonné efficacement les questions agricoles pour les agriculteurs, ce qui a conduit à la vente des produits à l’étranger.

Quant au gouverneur du Haut Katanga, Jacques Kyabula Katwe, également présent à Dodoma, il a déclaré qu’il était venu en Tanzanie pour prouver qu’il avait «accepté d’acheter de la nourriture dans ce pays frère d’Afrique de l’Est», et qu’ils continueront à «coopérer avec la Tanzanie dans l’achat de produits alimentaires afin de garantir que la RDC ne connaisse pas de pénurie alimentaire».

Cette embellie du commerce du maïs entre la Tanzanie et la RDC arrive au moment où le Kenya éprouve des difficultés pour importer cette céréale de Tanzanie. Historiquement, le Kenya s’approvisionnait en majeure partie en maïs importé de Tanzanie. Cependant, selon un rapport du Département américain de l’Agriculture (USDA), les barrières non tarifaires ont fait baisser les importations de maïs du Kenya en provenance de Tanzanie à 63% des importations totales de céréales au cours de la campagne de commercialisation 2022/2023, contre 97% en 2021/2022.

En effet, selon des sources, les commerçants ont eu des difficultés à exporter du maïs de Tanzanie suite à la mise en œuvre de nouvelles procédures d’exportation. Dans le passé, le gouvernement tanzanien a imposé des interdictions d’exportation ou restreint l’accès aux permis d’exportation lorsque l’offre nationale est faible.

Rica MITSH, depuis Nairobi