Cinq mois après la formation du gouvernement Suminwa, et après plusieurs déclarations de déception de plusieurs fédérations de son regroupement, Modeste Bahati Lukwebo, président du regroupement politique Alliance des Forces Démocratiques et Alliés (AFDC-A), a finalement donné de la voix. Habituellement mesuré et réservé, voire taiseux, il s’est confié aux chevaliers de la plume et du micro lors d’une conférence de presse organisée ce lundi 2 septembre au siège de la Conférence épiscopale du Congo, CENCO, à Kinshasa/Gombe. L’homme a dit comprendre la déception et le chagrin des siens, frustrés de de voir que les autres ont récolté là où ils n’ont pas semé.
«Vous n’avez pas l’habitude de me voir dans les débats politiques mais aujourd’hui à la suite de multiples plaintes, du reste fondées, de toutes les fédérations de l’intérieur du pays tout comme celles de l’étranger… du fait de n’avoir pas tiré avantage de leur dur labeur tel que l’a décidé le peuple congolais dans les urnes en décembre 2023, j’ai décidé de calmer la tempête et de me référer au président de la République. Je comprends et je partage leur chagrin et leur douleur de voir les autres récolter là où ils n’ont pas semé», a déclaré le deuxième vice-président du Sénat.
Selon M. Bahati, c’est plutôt “la haine et la jalousie” de certains membres de l’Union sacrée qui font que son regroupement n’a obtenu une rétribution conforme à son poids politique. En effet, rappelle-t-il, à l’issuer des élections générales du 20 décembre 2023, l’AFDC-A a engrangé 40 députés nationaux, 13 sénateurs, 77 députés provinciaux, 94 conseillers municipaux, sans compter les sièges injustement perdus et à la CENI, et à la cour constitutionnelle, et dans des cours et tribunaux lors du contentieux. Ce qui fait de son regroupement politique la deuxième force politique du pays, juste derrière l’UDPS et sa mosaïque.
«Ceux qui ont travaillé plus, doivent être les mieux payés. Nous avons confiance au Chef de l’État qui agira en son temps. En politique, la passion est une vertu…», a déclaré Modeste Bahati Lukwebo. avant d’ajouter que, le chef de l’Etat est «épris de paix et de justice», et que «lui seul sait à quel moment il agira».
Dans un autre regustre, Modeste Bahati Lukwebo s’est prononcé sur la guerre à l’Est du pays. A ce sujet, il a affirmé que lui-même et l’Afdc-A «se rangent derrière le chef de l’Etat pour ramener la paix durable sur l’ensemble du territoire national». Pour lui, cette paix peut venir par voie diplomatique, politique, économique ou militaire. «Le plus important, c’est de mettre définitivement un terme à la guerre», assure-t-il.
Pour parvenir à cette paix, l’homme d’Etat congolais supplie «les extrémistes et faucons de s’éloigner du Chef de l’État». «Laissez le Chef de l’État lever des options qui peuvent nous conduire à la paix», a-t-il lancé face à la presse, condamnant par la même occasion «les trahisons et complicités internes».
Belhar MBUYI







