POLITIQUE L’UDPS dit non à toute modification de la Constitution

L’UDPS dit non à toute modification de la Constitution

«Considérant que la Constitution du 18 février 2006 est le résultat d’un consensus laborieusement obtenu par la classe politique au Dialogue inter-Congolais, le parti d’Etienne Tshisekedi considère toute tentative de réviser cette Loi fondamentale comme une manœuvre des prédateurs pour se maintenir au pouvoir». A l’occasion de la commémoration de la date du 24 avril 1990 qui marque l’ouverture politique en République démocratique du Congo (RDC), l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a organisé un point de presse à son siège situé sur la 10ème rue, dans la commune de Limete, à Kinshasa.

Une occasion qui a permis au parti cher à Etienne Tshisekedi wa Mulumba de donner son point de vue sur les questions brulantes de l’actualité en RDC. Pour cette formation politique, les débats autour de cette question est une simple distraction. Concernant la tentative de modifier la constitution, ce parti soutient que la majorité présidentielle vient là d’administrer la preuve qu’elle n’a rien à voir avec la démocratie, les valeurs, les principes et la culture qu’elle induit. «Cette énième tentative de révision de la constitution est une manœuvre pour se pérenniser et maintenir des prédateurs au pouvoir contre la volonté du peuple», a dit le secrétaire général de l’UDPS.

Ceci est un article du journal La Tempête des Tropiques daté du 25 avril 2014 que nous avons repris mot à mot. Un sacré devoir de mémoire, une VAR – video assistant referee, qui permet de vérifier, au cours d’un match de football, des actions déjà passées afin de permettre à l’arbitre de prendre la décision qui convient. Le secrétaire général dont question ci-haut était Bruno Mavungu Puati. C’est donc le même parti qui, dix ans plus tard et une fois au pouvoir, tient un discours totalement à l’inverse de celui qu’il tenait quand il était dans l’opposition.

Morts pour rien

Rappelons que, après son retour de Belgiqueen juillet 2016, Etienne Tshisekedi avait rappelé avec force le principe de respect de la constitution. A l’époque président du Rassemblement, la grande plate-forme regroupant les forces politiques et sociales opposées au prolongement du mandat du président Joseph Kabila, il avait précisé, en réaction au discours à la nation du chef de l’Etat congolais, que le respect de la Constitution, c’est aussi le respect du délai et du nombre de mandats. «En d’autres termes, à l’expiration de son second et dernier mandat, M. Joseph Kabila ne violera pas l’article 220 de la Constitution en ce qui concerne le nombre et la durée du mandat présidentiel», écrit alors M. Tshisekedi dans un communiqué signé de sa main le 27 juillet 2016.

L’UDPS et ses alliés organisèrent même plusieurs manifestations, au cours desquelles de nombreux congolais furent tués : entre 17 morts (selon le ministre de l’Intérieur Evariste Boshab) et 50 morts (selon l’opposition) à l’issue de la marche de l’opposition du 19 septembre 2016 ; 12 morts à l’issue de celle du 7 août 2017. Tous ces gens sont morts, mieux ont sacrifié leur vie à l’appel de l’UDPS, pour que la constitution de leur pays soit respectée et que personne ne puisse s’éterniser au pouvoir afin de favoriser l’alternance politique.

«On se demande si Augustin Kabuya et les gestionnaires actuels de l’UDPS pensent à tous ces gens morts, à tous ces martyrs de la démocratie, quand ils font les déclarations visant à faire ce que, finalement, même Joseph Kabila n’a pas pu faire !», se désole un observateur. Qui ajoute : «ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est cracher sur la mémoire de tous ces martyrs qui, finalement, sont morts pour rien».

Mbuta MAKIESSE