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Fonds FRIVAO : à Kisangani, la SNEL performe dans les travaux d’amélioration de la fourniture du courant électrique, Lucha et société civile s’en félicitent

Des cadres de la SNEL expliquant leur action aux membres des mouvements citoyens et de la société civile à KisanganiPhoto : SNEL

Depuis sa création, la LUCHA, Lutte pour le changement, s’est taillée une solide réputation de mouvement boutefeu par excellence. Aux quatre points cardinaux du pays, ses militants, particulièrement remontés, sont considérés comme des ‘‘messieurs Non’’ qui s’opposent à tout ce qui vient du gouvernement. Au point que, lorsque ces contestataires professionnels reconnaissent les bienfaits d’une action réalisée par les pouvoirs publics, ce qu’aucun doute n’est permis sur la qualité de l’œuvre réalisée et son utilité pour la population. C’est ce qui est arrivé à Kisangani, capitale de la province de la Tshopo, ce mardi 21 janvier 2024 après une rencontre entre une délégation de la SNEL venue de Kinshasa et une visite de terrain dans les installations de cette dernière. «Nous saluons le travail admirable qu’abat la SNEL pour assurer une meilleure fourniture du courant électrique à la population de Kisangani», a déclaré M. Zacharie Kingombe, visiblement satisfait, qui conduisait l’équipe de la LUCHA.

La rencontre a eu lieu à Lubunga, seule commune de Kisangani se trouvant sur la rive gauche du fleuve Congo, au sud de la ville, avant de se poursuivre à Makiso, la commune miroir où est situé le centre-ville avec ses industries, ses centres commerciaux et son marché central. Des membres des mouvements citoyens, avec à leur tête Zacharie Kingombe du mouvement Lucha, et des représentants de la société civile étaient face à la délégation de la Société Nationale d’Électricité (SNEL) SA, conduite par l’ingénieur Georges Okanda, assistant du Directeur général de la SNEL.

Au centre de l’entrevue : l’évaluation des travaux financés par le fonds Frivao, destiné à la réhabilitation des infrastructures électriques et à l’indemnisation des victimes de la guerre des six jours. Ce dialogue fait suite à des mouvements de protestation appelant à la transparence dans l’utilisation des fonds et exhortant les Boyomais à cesser de payer leurs factures d’électricité.

Sauvegarder le bien commun

M. Georges Okanda a expliqué à ses hôtes le travail qu’abat la SNEL et détaillé les réalisations en cours : «Nous avons réhabilité plusieurs artères principales et installé des éclairages publics. Nous avons également assuré la réhabilitation de la liaison 30 kV, de la boucle 30 kV, et renforcé la puissance avec des groupes électrogènes dans les centrales thermiques MVA 1, 2 et 3 à Kisangani et Lubunga. À ce jour, les travaux sont réalisés à 70 %».

Avant de solliciter la nécessaire collaboration de la population : «Nous demandons à la population de nous aider pour que nous puissions l’aider à notre tour. Nous sommes une société de l’Etat congolais. et quand nous nous battons pour réhabiliter certaines installations, il faut qu’elles soient sécurisées. Dommage, ces installations sont vandalisées par nos abonnés. Et quand il y a manque de tension, les gens ne voient pas les abonnés qui ont vandalisé nos installations, ils accusent la SNEL d’être incapable de leur fournir du courant électrique».

Pour sa part, Zacharie Kingombe a exprimé ses impressions à l’issue de la visite de terrain : «On a été à Lubunga, on a vu ce qui se passe à Kisangani, présentement on est à Makiso pour constater. Les travaux sont en cours et se déroulent bien. C’est pourquoi nous encourageons la SNEL à continuer sur cet élan. Tout en demandant à la population des différents quartiers de sécuriser les infrastructures de la SNEL pour éviter que des inciviques viennent vandaliser ces sites. Il s’agit de sauvegarder le bien commun. Sinon, cela va nous pénaliser».

Perspectives prometteuses

Avant de renchérir, sur la même lancée, en direction des jeunes : «Nous demandons à ces jeunes qui volent les câbles au niveau des installations de la SNEL de cesser ces pratiques malveillantes. Il faut sécuriser davantage ces sites pour que le travail de la SNEL ne soit pas considéré comme nul. Lorsqu’on mène des travaux la journée et que la nuit on vient voler, c’est comme un cycle infernal qui pénalise la population de Kisangani».

La SNEL est en partenariat avec ENABEL, l’agence belge de développement, pour augmenter la puissance disponible de la centrale hydroélectrique de la Tshopo de 10 mégawatts d’ici juin 2025. Au vu de la nécessité et de l’importance que revêt cette centrale hydroélectrique pour la ville de Kisangani, Enabel travaille pour contribuer au projet d’amélioration de la desserte de la ville de Kisangani par la réhabilitation, la révision et la maintenance de la turbine n°1 de la Centrale Hydroélectrique de Tshopo. Ces efforts, associés à des projets structurants tels que les centrales de Sokode et de Nyama Lukuwa, redonnent espoir à Kisangani dans sa quête d’une énergie stable et accessible.

Ce qui augure des perspectives prometteuses pour la ville de Kisangani, et que saluent la société civile, Lucha en premier, et toute la population de Kisangani.

Belhar MBUYI