M. Joseph Moïse Kambulu, gouverneur du Kasaï central.|Photo d’archives
Dans une lettre signée par plus de 11 chefs coutumiers du secteur de Kabelekese adressée au gouverneur de province dont une copie est arrivée à la rédaction de Finance-cd.com, ces autorités traditionnelles sollicitent l’intervention de l’autorité provinciale afin de prévenir le danger qui guette cette partie du territoire de Luiza, au Kasaï central.
Ces autorités traditionnelles dénoncent «la dégradation croissante de la situation sécuritaire dans le groupement de Baka-Luyambi/Kalamba Mbuji et dont les répercussions fâcheuses se font déjà sentir dans (leurs) groupements respectifs», et lancent l’alerte afin de «sauver ce qui peut encore l’être». Ils déplorent également l’attitude de membres de la commission consultative de règlement des conflits coutumiers qui, après l’enquête menée sur la succession, n’ont pas reconnu officiellement Rémy Buanoko comme chef voulu par la famille régnante. «A Propos de ladite enquête, nous sommes presque deçus de l’attitude de membres de la commission provinciale qui s’étaient sciemment abstenus de proclamer solennellement le chef coutumier de BakaLuyambi/Kalamba-Mbuji désigné par la majorité de la famille régnante clans les fiches signalétiques remises aux deux prétendants dont le premier, Remy Buanoko Kalombo, a obtenu le soutien de 18 enfants biologiques de Kalombo, et le deuxième, Isaac Sha Kasa Nzambi Kalombo qui, lui, en a eu 12 enfants de Kalombo sur sa liste», écrivent les 11 chefs coutumiers.
Sans langue dans la poche, ils accusent ‘‘les instances supérieures’’ d’être «à la base du climat conflictuel qui règne dans ce groupement et qui menace en même temps celle de nos groupements respectifs». Dans une région qui, entre 2016 et 2018, a connu des affres de la guerre suite à une mauvaise gestion d’un conflit coutumier et dont le souvenir est encore dans tous les esprits, les 11 chefs coutumiers previennent : «lesdites frustrations peuvent déboucher sur des situations incontrôlables qui vont affecter principalement des groupements voisins dont nous sommes responsables, au risque de vivre une situation similaire à celle de Kamuina Nsapu».
Ci-dessous l’intégralité de la lettre de ces chefs traditionnels.
Stéphane Joël KANDE, depuis Kananga












