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Flambée des prix du cobalt après la prolongation de l’interdiction d’exportation par la RDC

Les cours du cobalt ont fortement grimpé ce lundi sur le marché chinois, atteignant leur plus haut niveau depuis la mi-mars, à la suite de la décision inattendue de la République démocratique du Congo (RDC) de prolonger son interdiction d’exporter du concentré de cobalt. Initialement mise en place en février, cette mesure est désormais étendue de trois mois supplémentaires.

Premier producteur mondial de cobalt, avec plus de 80 % de l’offre globale, la RDC prive ainsi le marché de plus de 100 000 tonnes de métal stratégique, selon certaines estimations. Le cobalt est essentiel à la fabrication des batteries pour véhicules électriques, un secteur en pleine expansion.

À la bourse de l’acier inoxydable de Wuxi, les contrats à terme les plus échangés ont bondi de plus de 9 %, atteignant 254 yuans (environ 35,34 dollars) le kilogramme, d’après l’agence Reuters. Soit un prix de 35 340 dollars la tonne.

Le géant minier chinois CMOC Group (SHA: 603993), actif sur les sites de Tenke Fungurume et de Kisanfu en RDC, a toutefois assuré que ses opérations ne seraient que marginalement affectées par cette prolongation.

Surabondance d’offre

En parallèle, la société d’investissement Cobalt Holdings a annoncé début juin l’abandon de son projet d’introduction en bourse à Londres. Ce retrait a mis un coup d’arrêt à ce qui aurait été la plus importante IPO minière de la place londonienne depuis 2022. L’entreprise espérait lever jusqu’à 230 millions de dollars, dont une grande partie devait servir à acquérir 6 000 tonnes de cobalt physique auprès du géant Glencore (LON: GLEN), à un tarif préférentiel. Peu après la suspension des exportations congolaises, Glencore a d’ailleurs déclaré un cas de force majeure sur certaines de ses livraisons.

Le marché du cobalt avait touché un point bas en janvier dernier, sous l’effet d’une surabondance d’offre – notamment en provenance de la RDC – et d’une demande en berne dans le secteur des véhicules électriques. Le cobalt, qui avait dépassé l’aéronautique comme principale filière consommatrice, s’était alors échangé à des niveaux historiquement bas, avec un prix moyen du sulfate de cobalt chutant à 3 556 dollars la tonne en Chine.

Mais depuis la mise en œuvre de l’interdiction, les prix se sont redressés de près de 80 %, atteignant en mai une moyenne de 6 394 dollars la tonne. Ce niveau reste toutefois bien en deçà du pic de 19 000 dollars enregistré en 2022.

Par ailleurs, la production de cobalt en tant que sous-produit du nickel est également en forte croissance en Indonésie. Face à cette nouvelle donne, la RDC serait en discussions avec Jakarta pour coordonner la gestion de l’offre, notamment à travers.

Rica MITSH