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Sabotage d’État – Projets ‘‘1000 maisons’’ et Arena : Comment Doudou Fwamba a bloqué deux grands projets de Tshisekedi

Contrairement aux insinuations répétées pour justifier les retards, les projets emblématiques des 1000 maisons sociales et de la Kinshasa Arena n’ont souffert d’aucune malversation financière. Le véritable coupable ? Un blocage délibéré orchestré par le ministre des Finances, Doudou Fwamba, dont les décisions unilatérales ont mis à l’arrêt deux des plus grands chantiers du quinquennat de Félix Tshisekedi.

1000 maisons bloquées à Matadi : une inertie incompréhensible

À Matadi, plus de 1000 conteneurs de matériaux destinés à la construction de logements sociaux croupissent depuis plus d’un an. Leur dédouanement est suspendu… faute d’exonérations fiscales. Un refus obstiné du ministre Fwamba, alors même que le contrat prévoit clairement que la libération des conteneurs relève de la responsabilité de l’État.

Pourtant, le projet – à fort impact social – devait être livré en 2023 dans le cadre de la campagne présidentielle. À un prix unitaire très compétitif, bien en deçà des standards africains, il représentait un modèle inédit de logement abordable. Son coût réel : 43 millions de dollars, dont 70 % déjà débloqués sous l’ère Kazadi. Le solde n’a jamais été versé par son successeur Doudou Fwamba.

Arena de Kinshasa : chantier à l’arrêt, sabotage en série

Même scénario pour la Kinshasa Arena. Avec ses 20.000 places, le projet se distingue par son coût imbattable : 104 millions USD, soit bien moins que les infrastructures similaires à travers le continent : en effet, le Rwanda a construit son BK Arena de 10.000 places à 104 millions USD ; le Sénégal son Dakar Arena de 15.000 à 117 millions USD ; et la Tanzanie vient de signer un contrat pour la construction d’une arène semblable à 172 millions USD. Dès lors, réussir le pari d’une arène de 20.000 USD à 104 millions USD est une vraie prouesse. 

L’entreprise turque Milvest, maître d’œuvre, avait pris les devants : 20 millions reçus en acompte, plus de 65 millions préfinancés pour accélérer les travaux. Nicolas Kazadi, alors ministre, avait honoré une grande partie des paiements – 45 millions – avant de quitter ses fonctions.

Comme s’il existait une volonté délibérée de freiner tous les projets phares du programme présidentiel, l’IGF choisit précisément ce moment pour bloquer 1.300 conteneurs de matériel commandés par Milvest pour la Kinshasa Arena. Résultat : les travaux sont brutalement interrompus et le chantier reste à l’arrêt pendant plusieurs mois, sans justification officielle. Cette paralysie prolongée engendre des pertes colossales pour l’entreprise, contrainte de supporter des charges fixes sans aucune activité sur le terrain. Puis, le 15 décembre 2024, dans une mise en scène inattendue, le nouveau ministre des Finances Doudou Fwamba, accompagné du ministre d’État à l’Aménagement du territoire Guy Loando et du chef de l’IGF Jules Alingete, débarque sur le site. Sans autre explication, ils annoncent la reprise du chantier ainsi que le déblocage des 1.300 conteneurs… que les services de l’IGF avaient pourtant immobilisés à Matadi sans raison apparente.

Un sabotage budgétairement injustifiable

Aujourd’hui, tous les financements sont en place car Doudou Fwamba a finalement payé l’intégralité des fonds dus à Milvest. Mais il a trouvé un autre moyen de bloquer le projet : il refuse de procéder aux dédouanements, malgré les engagements de l’État. Résultat : les matériaux sont toujours bloqués à Matadi, un chantier figé, et un espoir social piétiné.

Des blocages politiques aux conséquences sociales

Ce qui est en jeu dépasse la simple logistique. Il ne s’agit ni de budget ni de détournement. Le mal est politique, voire personnel. À force de décisions punitives, incohérentes ou délibérément destructrices, certains responsables sabordent les projets présidentiels. À qui profite ce sabotage ? Pourquoi torpiller des chantiers financés, attendus, porteurs de sens et d’emplois ?

L’avenir de la RDC ne peut être pris en otage par des querelles de palais. Il est temps de replacer l’intérêt général au cœur de l’action publique.

Mbuta MAKIESSE