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Grand oral de Nicolas Kazadi : La masterclass technique qui démonte la désinformation et impose sa vérité

L’intervention de Nicolas Kazadi lors du « Space Live » organisé par le journaliste Stanis Bujakera a résonné comme un coup de maître. Devant des milliers d’auditeurs, l’ancien ministre des Finances et actuel député national a fait étalage d’une rigueur technique et d’une maîtrise des dossiers qui rappellent son parcours d’énarque passé par la Banque Africaine de Développement (BAD) et le PNUD. Loin de la politique politicienne, M. Kazadi a porté un regard lucide sur la trajectoire économique de la République Démocratique du Congo, rappelant les piliers de sa gestion rigoureuse tout en mettant en garde contre le basculement structurel de la dette publique.

Face à cette démonstration de compétence, les détracteurs proches de l’actuel ministre des Finances ont immédiatement tenté de monter une contre-offensive, l’accusant de contradiction au sujet du financement du Centre financier de Kinshasa. Une attaque qui s’effondre d’elle-même dès lors qu’on examine les faits avec rigueur.

La maîtrise d’un bilan : Réformes de fond

Durant son passage au ministère des Finances, Nicolas Kazadi s’est attelé à reconstruire les marges de manœuvre financières de l’État. Il a supervisé le triplement du budget national, orchestré une hausse historique des recettes publiques et permis l’achèvement, pour la première fois dans l’histoire moderne de la RDC, d’un programme complet avec le FMI. Cette crédibilité retrouvée s’est traduite par un relèvement de la notation souveraine du pays à quatre reprises en trois ans.

Parmi ses réformes les plus structurantes figure l’instauration de la déclaration fiscale obligatoire pour l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP), posant les bases d’un État moderne où le civisme fiscal alimente le développement. Qu’il s’agisse de l’identification de la population, des incohérences de la décentralisation financière ou des défis du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T), M. Kazadi a apporté des réponses de fond, prouvant que sa vision s’inscrivait dans la durée et la préservation de la souveraineté nationale.

Centre Financier vs. Eurobond : La désinformation démasquée

Pour contrer cette stature d’homme d’État, ses adversaires prétendent que Nicolas Kazadi aurait souscrit un emprunt commercial de 150 millions USD pour le Centre financier de Kinshasa à un taux de 11,5 %, générant soi-disant « 52 millions USD d’intérêts par an » (26 millions par semestre).

Ce calcul relève de l’imposture mathématique :

  • L’erreur de calcul : Un montant de 150 millions USD à 11,5 % génère exactement 17,25 millions USD d’intérêts par an (soit 8,6 millions par semestre).
  • La confusion entretenue : L’échéance semestrielle de 26 millions USD inclut le remboursement du capital et les intérêts. Les opposants de M. Kazadi confondent délibérément le service de la dette (remboursement) avec son seul coût financier.

En outre, les 150 millions USD empruntés pour financer le centre financier n’ont pas changé la trajectoire de l’endettement public de la RDC. Les emprunts concessionnels restaient toujours au-delà de 90%. Aujourd’hui, la trajectoire a changé. Il ne s’agit pas seulement de l’Eurobond. Les titres publics (bons et obligations du Trésor) qui n’étaient que de 500 millions en 2023 se chiffrent aujourd’hui à près de 3,4 milliards. Les dettes commerciales avoisinent désormais 40% de notre endettement public global, alors qu’elles n’atteignaient pas 10% il y a deux ans.

Ceux qui opposent à l’ancien ministre des Finances ses propres emprunts commerciaux passent donc à côté de l’essentiel : le débat ne porte pas sur l’existence de toute dette commerciale, mais sur la transformation rapide de la structure, du coût et de la trajectoire de l’endettement congolais depuis 2024.

Au-delà des chiffres, la comparaison avec l’Eurobond de 1,25 milliard USD émis en 2026 démontre une différence fondamentale de stratégie :

Critères de comparaisonCentre Financier (Gestion Kazadi)Eurobond 2026 (Gestion actuelle)
Nature du projetProjet ciblé, mature, aux travaux déjà très avancés.Fonds levés globalement sans projets immédiatement prêts.
Utilisation des fondsDécaissements immédiats pour régler des factures d’actifs livrés quelques mois plus tard.Fonds non consommés accumulant plus de 300 000 USD d’intérêts par jour.
Impact structurelOpération ponctuelle. La dette globale restait concessionnelle à plus de 90 %.Basculement de la dette : les dettes commerciales atteignent près de 40 % de l’endettement public.

L’avertissement d’un expert pour l’avenir de la RDC

Nicolas Kazadi ne s’oppose pas par principe à la dette commerciale ; il préconise la discipline budgétaire. Lever des fonds à des taux approchant les 9 % ou 11 % n’a de sens que si l’argent est décaissé immédiatement dans des projets capables de produire de la richesse. Alors que le pays dispose encore de plus de 8 milliards de dollars d’appuis extérieurs concessionnels non décaissés (à des taux proches de zéro), s’endetter lourdement sur les marchés financiers internationaux ou intérieurs (où les Bons du Trésor ont explosé de 500 millions à 3,4 milliards USD) fait courir un risque majeur au pays.

En citant les exemples tristes du Ghana, du Sénégal ou du Congo-Brazzaville, l’ancien ministre tire la sonnette d’alarme : multiplier les emprunts coûteux avant même d’avoir la capacité d’exécuter les dépenses mène droit au mur du surendettement et du blocage des finances publiques.

En économie, il y a trois temps : la création de richesse, sa dilapidation, puis la dépendance. Par sa rigueur, Nicolas Kazadi avait doté la RDC des moyens de sa souveraineté. Face aux amalgames de ses détracteurs, son passage au Space Live aura au moins eu le mérite d’éclairer les Congolais : la gestion des finances publiques exige de la technicité, de la prudence et une vision globale, loin des slogans et des approximations comptables.

Mbuta MAKIESSE