SOCIETE Insolite : Un détraqué mental inconnu entretient l’environnement à Lemba/Righini

Insolite : Un détraqué mental inconnu entretient l’environnement à Lemba/Righini

A Lemba, au quartier Kemi, communément appelé Righini, nul ne le connaît, ni ne sait d’où il vient. Personne ne connaît son nom. Mais cet inconnu rend un service appréciable pour la communauté. En effet, l’homme, un détraqué mental, est coutumier de la route qui relie les avenues Cardinal Malula et Mgr Tshibangu. Cette route, dans ce quartier plutôt huppé, est malheureusement devenue un dépotoir, une poubelle à ciel ouvert où, tard la nuit, quand les résidents dorment, des gens venus au loin, viennent jeter leurs ordures. Les riverains se sont acharnés à faire nettoyer ce dépotoir, jusqu’à se fatiguer, tant de nouvelles ordures sont déposées chaque nuit. Et c’est cet homme, détraqué mental, qui vient souvent le soir, faire le ménage et entretenir les lieux.

«Franchement incroyable !», s’étonne Julia Difwayame, habitante de l’avenue Cardinal Malula. «Que des gens prétendument normaux viennent jeter leurs ordures et détritus sur notre avenue, et qu’une personne malade mentale vienne faire la salubrité publique sur les lieux, c’est à se demander qui est finalement fou entre les deux», nous confie-t-elle. Comme Mme Difwayame, tous les riverains sont à la fois émerveillés et stupéfaits à la fois par le travail qu’abat ce fou.

Chaque matin, la montagne des ordures prend de la hauteur. C’est généralement en début de soirée que le fou débarque sur les lieux. Parfois il passe aussi la journée pour se reposer avant de repartir. Mais c’est le soir qu’il vient travailler. Il ne vient pas chaque jour, mais entre trois et quatre jours par semaine. Une fois sur les lieux, il commence par balayer la route soigneusement, avant de rassembler en un lieu les ordures dispersées, et d’y mettre le feu. Ensuite, il s’assoit juste à côté et veille à ce que les ordures brûlent correctement.

Après avoir balayé la route et rassemblé les ordures, le fou inconnu se repose avant d’y mettre le feuPhoto : Finance-cd.com

Dans la nuit, après son départ, il laisse les lieux plus ou moins propres, au grand bonheur des habitants. Qui ne savent pas, malheureusement, comment récompenser une personne détraquée mentale. «Avant sa maladie, il devait être un homme qui aimait plus que tout la propreté», lance un passant admiratif.

M.M.