A LA UNE Malade, Fortunat Biselele extrait violement de l’hôpital et reconduit en prison

Malade, Fortunat Biselele extrait violement de l’hôpital et reconduit en prison

C’en devient une persécution insoutenable. Interné dans le tout nouvel hôpital militaire du camp colonel Tshatshi depuis le jeudi 13 avril suite à la dégradation de son état de santé, Fortunat Biselele Kayipangi, dit Bifor, devait y être soigné ‘‘jusqu’à la guérison totale’’, comme indiqué alors par des sources. Mais, ce samedi 13 avril à 5 heures du matin, comme dans un ténébreux film western de la vieille époque, des agents du corps de police du Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa, CPRK, ont fait irruption dans sa chambre, et l’en ont sorti sans ménagement, et l’ont embarqué dans leur véhicule de façon violente. Direction : l’ex-prison de Makala.  

Réaction indignée et outrée des défenseurs des droits de l’homme, à l’image de maître Richard Bondo Tshimbombo, avocat pénaliste international inscrit au barreau de Kinshasa et à la Cour pénale internationale, qui indexe la ministre de la Justice, Mme Rose Mutombo Kiese. «Justice : Inadmissible dans un Etat de droit ! La Ministre de la Justice dela RDCongo vient de faire extraire violemment de l’Hôpital Militaire du Camp Colonel Tshatshi Monsieur Biselele Fortunat pour la Prison Centrale de Makala, sans aucun rapport du Médecin», écrit l’avocat sur son compte Twitter.

Martyr et humiliation

Victime d’une une déchirure complète du tendon au niveau de son épaule droite depuis le 29 novembre 2022 à la suite d’une chute dans la salle de bain, M. Fortunat Biselele devait se rendre en France le samedi 14 janvier 2023 lorsqu’il a été interpelé par l’ANR et incarcéré. Il avait pourtant un rendez-vous d’urgence auprès du Docteur Julien Gaillard de l’Hôpital Américain de Paris pour une intervention chirurgicale prévue deux jours plus tard, soit le 16 janvier 2023 à 14h30. 

«C’est une persécution insoutenable», note un observateur. Qui s’interroge sur l’intérêt qu’il y a à faire subir un tel martyr et à humilier ainsi une personne qui a été, il y a peu, le bras droit du président de la République. Dans une lettre adressée au chef de l’Etat, l’Association congolaise pour l’accès à la justice, ACAJ, soutient que l’arrestation de Fortunat Biselele est politique, et que son procès le sera autant, avant d’appeler à sa relaxation. «II nous revient que les infractions à sa charge revêtent un caractère éminemment politique. Par conséquent, d’un point de vue strictement juridique ces infractions sont réputées politiques et font de facto de lui un prisonnier politique. Sans aucune prétention de préjuger du fond du dossier, l’ACAJ note que les débats organisés dans le cadre d’un pareil procès donneraient lieu à la divulgation certaine des secrets d’Etat et exposerait tout le système politique et sécuritaire quant à ce», écrit Georges Kapiamba, le président de l’ACAJ à Félix Tshisekedi.

Mbuta MAKIESSE