Une érosion dans la commune de Lukonga, à Kananga
Naguère coquette et rieuse ville au centre du Congo, promise à un avenir de capitale du pays, l’ex-Luluabourg est aujourd’hui une bourgade abandonnée à son triste sort. Sans courant électrique, sans système de distribution d’eau potable, elle n’a plus ni industrie, ni grande entreprise digne de ce nom. A tout ce lot de malheurs, il faut ajouter les érosions qui menacent d’engloutir carrément la ville. Président de la République, Félix Tshisekedi a décidé de prendre ce problème à bras-le-corps. Ce vendredi 23 juin 2023, il arrive dans la capitale du Kasaï central pour y lancer officiellement un ambitieux projet destiné à lutter contre ces érosions.
Piloté par le ministère national de l’Urbanisme et Habitat, ce projet, dénommé ‘‘Projet urgent de lutte anti-érosive et de résilience urbaine de la ville de Kananga’’, a été signé le jeudi 27 avril 2023 par le ministre Puis Muabilu Mbayu Mukala en présence du gouverneur du Kasaï Central John Kabeya Shikayi en mission dans la capitale. La cérémonie de signature du contrat entre le Gouverneur du Kasaï-Central et le Coordonnateur de l’unité de gestion du projet, l’ancien journaliste Jacques Kidinda. Le projet est financé par la Banque mondiale à hauteur de 100 millions de dollars américains.
«Il s’agit, à tout point de vue, d’un ambitieux projet destiné, non seulement à la lutte contre les nombreuses érosions qui menacent la ville de Kananga, mais aussi et surtout le volet résilience de cette ville du pays», expliquait M. Kidinda.
«C’est une excellente nouvelle pour la population du Kasaï Central en général et celle de Kananga en particulier. Les érosions constituent un véritable fléau à Kananga et ce projet nous permet de respirer», réagissait de son côté le gouverneur John Kabeya Shikayi lorsqu’il a reçu des mains du ministre Puis Mwabilu le document du projet. C’est à cette occasion que le coordonnateur du projet a été présenté au gouverneur du Kasaï Central.
Selon l’Office de voirie et drainage, la ville de Kananga se trouve ceinturée par près de 80 têtes d’érosion. Au niveau de la commune de Lukonga, le chemin de fer est dans un état impraticable car un grand ravin a englouti des traverses métalliques et toute la ballasse. Des quartiers entiers de la ville sont aujourd’hui coupés les uns des autres par des érosions qui, au passage, ont englouti plusieurs habitations. Même le centre-ville n’est pas épargné. En effet, une tête d’érosion menace l’entrée de l’avenue Shabunda, ex-Macar, au niveau du bâtiment de l’hygiène publique.
Aristote KAJIBWAMI







