POLITIQUE L’UDPS veut coûte que coûte imposer la réélection de John Kabeya au...

L’UDPS veut coûte que coûte imposer la réélection de John Kabeya au Kasaï central, malgré son bilan zéro

Lors d’une rencontre avec les militants de l’UDPS à Kinshasa le 5 avril, Augustin kabuya, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS en sigle, a officiellement présenté John Kabeya comme candidat du parti reconduit, selon lui, par le président de la République. Sauf que cette imposition ne passe pas au Kasaï central, où le gouverneur sortant avait même été lourdement conspué par la population devant le président de la République en personne lors de la campagne électorale en décembre dernier.

Dans la province, John Kabeya est considéré comme le seul et unique gouverneur ayant prouvé ses limites dans la gestion de cette entité administrative. «Pendant 20 mois de gestion, John Kabeya présente un bilan négatif, une gestion calamiteuse et est haï par différentes couches de la population du Kasaï central», déclare un habitant de Kananga. Comme lui, nombreux autres évaluent négativement le bilan de M. Kabeya à la tête de la province en près de deux ans.

L’homme est accusé de mettre à son actif les retombées des rares programmes du gouvernement central, et d’avoir échoué sur tout ce qu’il a entrepris par lui-même. Il lui est reproché une foule de griefs, et ce, dans tous les secteurs de la vie provinciale.

Ainsi, sur le plan agricole, Joh Kabeya est considéré comme «l’unique gouverneur qui a lamentablement échoué dans cette province». A titre d’illustration : sous son règne, un meka – la mesure de maïs de référence au Kasaï – été acheté jusqu’à 17000 FC. Sur le plan des infrastructures : même pas un kilomètre de route n’a été ni construite, ni réhabilitée, ni asphaltée. Les ravins menacent toute la ville et même les routes de desserte agricole totalement sont totalement impraticable, et les ponts sont abandonnés à leur triste sort, dans l’état où les avait laissés le régime passé. Pendant ce temps, la spoliation de parcelles de l’État bat son plein, y compris des résidences des officiels de la République, cas de la résidence officielle du maire de la ville.

Antivaleurs

Au plan financier, la gouvernance Kabeya n’a servi qu’à la paie de membres de son cabinet. La province n’a enregistré aucune réalisation en terme de redevabilité : «l’argent perçu par la DGRKAC – la régie financière provinciale – ne sert que les besoins des individus de l’obédience politique du gouverneur, pendant que ceux qui mobilisent cet argent, c’est-à-dire les agents de la DGRKAC, comptent plus de 6 mois d’arriérés», se désole un agent de la division des Finances.

Les seules réussites de M. Kabeya sont sans doute le plan sécuritaire, où il a réussi à 80% selon les experts, ainsi que l’électricité où, malgré les insuffisances de la SNEL, le courant est régulier avec une augmentation d’heures de desserte quotidienne par rapport à ses prédécesseurs.

Candidat à sa propre succession, John Kabeya n’a inauguré à Kananga que, les immeubles laissés en cours d’achèvement par ses prédécesseurs.

Sa gestion a été décriée par ses propres camarades de l’UDPS au niveau provincial, qui la jugée boiteuse. Le gouverneur sortant a été rejeté par les trois fédérations du Kasaï central qui avaient, en date du 27 février 2024, adressé une lettre au secrétaire général du parti Augustin Kabuya, proposant à sa place Charles Kamuanga comme candidat du parti au détriment de John Kabeya. Malheureusement, John Kabeya a été imposé par son mentor, le SG Augustin Kabuya.

Contre toute attente, l’UDPS plonge dans ce qu’il qualifiait hier d’antivaleurs en imposant aux députés de voter John Kabeya qui, lors de présentation de programme d’action, n’a pas réussi à convaincre l’auditoire suite à ses insuffisances intellectuelles.

A un jour du vote, une délégation de l’UDPS, conduite par un haut cadre originaire de la province, promu à un important poste de responsabilité au sein de l’Assemblée nationale, débarque à Kananga sur instruction d’Augustin Kabuya. Objectif : obliger les députés à voter pour Kabeya. «Beaucoup d’argent aurait été distribué à certains députés provinciaux, on parle de 40.000 dollars américains par député», assurent des méchantes langues dans la ville. Fait que nous n’avons pu vérifier. Si ceci s’avère, ce que, dénoncée hier sous Kabila, la corruption reprend du poil de la bête.

Stéphane Joël Kande / Kananga