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Libéré après près de deux ans d’incarcération, fidèle à sa légende, Mike Mukebayi veut continuer la lutte pro-démocratie

Dimanche 21 janvier 2018, lors d’une marche des Catholiques pour exiger les élections, Mike Mukebayi, à genoux, fait face courageusement à un policier qui s’apprête à lui asséner un coup de matraquePhoto : Actualite.cd

C’est décidément un Mike Mukebayi fidèle à lui-même qui a recouvré sa liberté à l’issue de vingt-deux mois d’incarcération à la prison centrale de Makala. Ce long moment d’emprisonnement avant une condamnation à 30 mois de prison ne l’a pas abattu, bien au contraire il en sort plus ragaillardi que jamais, toujours plus combattif encore.

Dans plusieurs vidéos partagées sur les réseaux sociaux, Mike Mukebayi apparaît souriant, réaffirmant sa volonté de «continuer le combat pour l’instauration d’une vraie démocratie» en RDC. Il conforme également son appartenance à Ensemble pour la république aux côtés de Moïse Katumbi. Occasion pour l’ancien député provincial de Lingwala issu de l’Alliance pour l’alternance démocratique – AAD – de dénoncer les conditions dans lesquelles il avait été arrêté sans menagement devant sa parcelle et devant sa famille.

L’homme accuse le président Félix Tshisekedi de trop pleurnicher devant le Rwanda au lieu de bâtir une vraie force de défense du pays. Il accuse également le pouvoir actuel d’avoir détruit le pays, notamment sur le plan des infrastructures qui sont selon lui, aujourd’hui réduites à néant, donnant en exemple plusieurs artères routiers de sa commune de Lingwala.

Journaliste de talent et une des plus belles plumes du pays pendant plusieurs années – notamment directeur au Soft International, puis éditeur de Congo News, journal qui donnait le tournis au pouvoir de Kabila au point d’être fermé à jamais par Lambert Mende alors ministre de la Communication et Médias – il a gardé ses élans d’un éternel révolté. Justicier dans l’âme, c’est lui qui mène la lutte au Soft afin que les journalistes stagiaires soient correctement payés au milieu de la décennie 2000, suscitant l’étonnement de son employeur de l’époque, M. Tryphon Kin-kiey Mulumba.

D’un courage qui confine à la témérité, il a été immortalisé sur une photo prise le 21 janvier 2018 – le jour même où Thérèse Kapangala a été tuée à la paroisse Saint François de Sales de Kintambo – lors d’une marche des Catholiques pour exiger les élections, à genoux face à un policier qui s’apprête à lui asséner un coup de matraque, le tout noyé dans un océan de gaz lacrymogène. La photo fit le tour du monde dans les différentes agences de presse et entretient depuis lors sa légende de combattant pour la démocratie.

Sept ans plus tard, près de deux ans d’une souffrance physique et morale derrière les murs de la prison de Makala n’ont pas eu raison de sa combativité.

A.K.