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Factures à l’heure, courant aux abonnés absents pendant près de deux ans : le scandale de Righini expliqué au DG Fabrice Lusinde, sans aucune suite

Le DG Fabrice Lusinde de la SNEL (à l’avant-plan) à l’issue d’une audition à l’Assemblée nationalePhoto : Droits tiers

Cela fait plus de deux ans que les habitants du quartier Righini, à Lemba, vivent dans le noir. Deux longues années sans courant électrique, avec toutes les conséquences que cela implique sur leur sécurité, leur santé, leur quotidien. Et pourtant, la Société nationale d’électricité (SNEL), elle, continue d’envoyer ses factures chaque mois, comme si de rien n’était.

Face à ce qu’ils qualifient de « tragédie électrique », les résidents concernés ont adressé, il y a près de trois semaines, une lettre de plainte officielle au Directeur Général de la SNEL, à Kinshasa/Gombe. Une correspondance restée lettre morte à ce jour, malgré l’urgence de la situation.

Un calvaire sans fin sur le départ 6

Le nœud du problème se trouve à la Cabine 3 de Lemba/Righini, située à proximité du couvent catholique ASUMA. Depuis plus de deux ans, cette cabine est sujette à des pannes chroniques, limitant gravement sa capacité à alimenter les ménages de la zone. Mais pour les abonnés reliés au départ 6, c’est carrément le néant : même lorsque le courant revient pour d’autres lignes, eux restent plongés dans l’obscurité.

Des factures sans service, une réparation à la charge des clients ?

Dans leur courrier, les habitants expriment leur incompréhension : comment peut-on facturer un service non rendu ? Pire encore, les agents de la SNEL auraient, selon leurs témoignages, suggéré aux clients de se cotiser eux-mêmes pour acheter 200 mètres de câble de 95 mm², nécessaires à la réparation. Coût total : 7.000 dollars américains.

« Nous ne comprenons pas qu’une entreprise publique puisse demander à ses abonnés de financer des travaux de remise en état du réseau. C’est à la SNEL d’assurer l’entretien de ses infrastructures, pas aux citoyens », rappellent-ils.

Le silence radio de la SNEL interroge

Les plaignants dénoncent également l’attitude de la société nationale, qui communique activement sur d’autres incidents à Kinshasa via des communiqués de presse, tout en ignorant depuis deux ans leur cas. Aucun communiqué, aucun engagement, aucun plan de réparation annoncé pour le départ 6 de Righini.

Un appel à la responsabilité

À travers leur lettre, les habitants de Righini lancent un appel solennel à la hiérarchie de la SNEL, et en particulier à son Directeur Général. Ils espèrent que l’implication personnelle de ce dernier permettra enfin de débloquer la situation et de restaurer leurs droits élémentaires d’accès à l’électricité.

Dans une ville où l’instabilité énergétique est déjà un fléau généralisé, la situation de Righini représente une aberration de trop. Le silence prolongé des autorités pourrait bien transformer une simple plainte en colère collective. Ci-dessous l’intégralité de la lettre du collectif des habitants de Righini.

Rica MITSH

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