Un nouvel épisode judiciaire pourrait bientôt s’ouvrir au sein de l’Assemblée provinciale du Kasaï central. Dans un réquisitoire daté du 8 septembre 2025 et adressé au bureau de l’Assemblée provinciale, le procureur général près la Cour d’appel de Kananga a officiellement demandé l’autorisation d’instruire un dossier visant le député provincial Voltaire Tshibuabua.
Selon les éléments contenus dans ce document, dont une copie est parvenue à notre rédaction, l’élu provincial est accusé d’avoir proféré, à travers un message audio diffusé dans un groupe WhatsApp réservé aux députés provinciaux, des propos jugés « offensants, avilisants et menaçants » à l’encontre de son collègue Stéphane Muanda, actuel président du bureau d’âge de l’Assemblée.
Le ministère public estime que ces déclarations portent atteinte non seulement à l’honneur et à la dignité du député concerné, mais également au bon fonctionnement de l’institution provinciale. Dans ce contexte, la justice sollicite le feu vert de l’Assemblée provinciale pour lever l’immunité parlementaire de M. Tshibuabua et permettre ainsi l’ouverture d’une instruction judiciaire.
Cette demande place désormais le bureau d’âge devant un dilemme institutionnel : faut-il autoriser ou non l’instruction judiciaire contre l’un de ses membres ? D’un côté, certains observateurs estiment qu’une telle décision traduirait une volonté de transparence et de respect de la séparation des pouvoirs. De l’autre, des voix s’élèvent pour rappeler que l’immunité parlementaire constitue une garantie pour l’exercice libre et indépendant du mandat des élus, et que son levé doit rester exceptionnel.
L’affaire, qui alimente déjà les débats politiques à Kananga, intervient dans un contexte marqué par des tensions au sein même de l’Assemblée provinciale, où la stabilité institutionnelle est souvent mise à l’épreuve par des querelles internes.
Pour l’heure, la balle est dans le camp du bureau d’âge de l’Assemblée provinciale. Sa décision sur cette demande du procureur général pourrait constituer un signal fort quant à la manière dont seront traités, à l’avenir, les cas impliquant des élus soupçonnés d’avoir franchi la ligne rouge de l’éthique parlementaire.
Le bureau d’âge autorisera-t-il l’instruction contre Voltaire Tshibuabua pour les faits qui lui sont reprochés ? La question reste ouverte. Une affaire à suivre de près.
Stéphane Joël KANDE







